Ruud van Nistelrooy : tel joueur, tel entraîneur

Ruud van Nistelrooy : tel joueur, tel entraîneur

Ruud van Nistelrooy, qui faisait tranquillement ses gammes à la tête des U21 du PSV, ne s’attendait pas à être propulsé entraîneur principal des Boeren cette saison. De son propre aveu, l’ex-buteur n’était pas encore prêt, mais son premier match officiel sous sa nouvelle casquette est passé par là. En faisant valdinguer l’Ajax (5-3) et en remportant son premier titre, “RVN” a levé une partie des doutes. Surtout, il a montré qu’il avait déjà (re)construit le PSV à son image : une équipe sereine, lucide et redoutablement inventive lorsqu’il s’agit de trouver le chemin des filets. L’AS Monaco, qui reçoit le grand gaillard néerlandais et ses ouailles lors du 3e tour préliminaire aller de la Ligue des champions ce mardi soir, est prévenue.

Ruud van Nistelrooy était un attaquant comme on n’en fait plus. Pas le plus technique, pas le plus rapide, mais certainement le plus diabolique au moment de la planter au fond. Une ingéniosité qui lui a valu un paquet d’adorateurs, éplorés par la retraite du maestro en 2012. Mais que ceux-ci se rassurent : le grand Ruud est de retour sur le devant de la scène ! Et avec sa nomination à la tête du PSV pour démarrer cette saison, c’est une certaine idée du football qui continue à vivre. Et celle-ci a déjà produit quelques premiers ravages, comme l’Ajax peut en témoigner.

Le PSV a joué de la manière dont Van Nistelrooy marquait

Les partenaires de Dušan Tadić avaient pourtant prévu un bizutage à la dure pour l’ancien attaquant de Manchester United, mais c’est l’entraîneur novice au haut niveau qui a donné la leçon au géant de la capitale. Sans s’affoler après l’ouverture du score adverse, le PSV a repris la main sur le match pour faire valser les Lanciers (5-3). Il n’en fallait pas plus pour distinguer les premières phalanges de la patte Van Nistelrooy.
En opposition à son prédécesseur Roger Schmidt, fana de contre-pressing et d’offensives éclair, l’ex-attaquant du Real Madrid préfère un jeu de possession plus « tranquille » . L’obsession de Van Nistelrooy est de placer ses attaquants dans les meilleures dispositions pour marquer, via des phases de construction qui doivent désorganiser l’adversaire et le rendre vulnérable. Et pour cela, tous les moyens sont bons. Rutgerus Johannes Martinus van Nistelrooij (de son vrai nom) n’est pas un entraîneur dogmatique qui impose sa façon de jouer préférentielle en toutes circonstances. La saison dernière, ses U21 du PSV étaient l’une des équipes de D2 néerlandaise qui centraient le moins. Face à l’Ajax, c’est de cette phase de jeu que sont intervenus les deux premiers buts des Boeren (deux têtes du milieu offensif Guus Til sur deux centres de l’ailier Cody Gakpo).

Une lucidité qui s’est aussi ressentie dans la gestion du match. Alors que le PSV de Roger Schmidt pouvait exploser à tout moment, Van Nistelrooy a transmis son sang-froid légendaire à ses joueurs pour garder l’Ajax sous contrôle. « Après l’ouverture du score, nous nous sommes ressaisis et avons continué à jouer notre jeu. En nous en tenant à notre plan, nous avons déplacé le jeu à gauche. Nous y avons trouvé les hommes libres et, grâce à de bons centres, nous sommes revenus dans le jeu et dans le match » , expliquait l’heureux entraîneur après la rencontre.

Plus Ruud sera la chute ?

Mais Ruud van Nistelrooy pourra-t-il confirmer les promesses entrevues ? Dans la « trajectoire » de carrière qu’il s’était concoctée, le bonhomme de 46 ans aurait préféré se faire les dents une saison de plus avec les U21 du PSV car il ne se sentait pas encore « prêt » à faire le grand saut, comme il l’avait avoué lors d’une interview à ESPN en décembre dernier. Il faudra donc s’attendre à un Van Nistelrooy encore perfectible tactiquement et dans son management, notamment celui des joueurs confirmés après avoir passé les six dernières années auprès des classes biberon du PSV. Pour Philippe Clement et l’AS Monaco, c’est le moment ou jamais pour cueillir ce « RVN » en rodage à l’occasion du 3e tour préliminaire de la Ligue des champions.
Pour le grand Ruud, le défi est d’autant plus grand que le passé ne parle pas pour lui. Rares sont devenus les entraîneurs néerlandais à tirer leur épingle du jeu au très haut niveau, et leurs représentants les plus connus sont d’anciens milieux défensifs (Erik ten Hag, Peter Bosz, Mark van Bommel, Arne Slot, Phillip Cocu…) ou défenseurs (Ronald Koeman, Frank de Boer, Giovanni van Bronckhorst, Jaap Stam…). Les anciens attaquants ? Un champ de ruines ou presque (demandez donc à un supporter du PSG ce qu’il a pensé de l’après-carrière de Patrick Kluivert).

En attendant les possibles émergences de Robin van Persie (qui se fait la main à Feyenoord) ou Dirk Kuyt (nommé entraîneur de l’ADO Den Haag en D2 cette saison), Ruud van Nistelrooy a la lourde charge de montrer qu’un ex-attaquant néerlandais a de l’avenir en tant qu’entraîneur de haut niveau. Le PSV, lui, se frotte déjà les mains en repensant à la dernière fois où il a confié ses rênes à un ancien de la maison, Phillip Cocu, qui lui a procuré trois titres de champion d’Eredivisie entre 2015 et 2018. Si Van Nistelrooy a les épaules pour rêver d’un destin couronné de succès national, il lui faudra aussi trouver la recette pour s’exporter afin de ne pas connaître la même sortie de route que son ancien coéquipier chez les Oranje, qui n’a plus retrouvé de club depuis novembre 2020…

Par Douglas de Graaf


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