Laurent Boissier, coordinateur sportif d'Angers SCO : « Ça commence à devenir pesant »

Laurent Boissier, coordinateur sportif d’Angers SCO : « Ça commence à devenir pesant »

« Qu’est -ce qui vous a plu dans les profils de Cédric Hountondji et d’Abdallah Sima ?
On parle de joueurs assez confirmés, que ce soit Cédric avec ses bonnes saisons à Clermont et Abdallah avec sa superbe année en République tchèque (Slavia Prague) et son année en Angleterre (en prêt à Stoke City). Ce serait lui manquer de respect de dire que Cédric est un pari. Il est un joueur d’expérience, il a tenu sa défense l’année dernière avec beaucoup de respect, il a été élu parmi les meilleurs défenseurs au niveau des duels en Europe. Abdallah était un profil de profondeur, de vitesse que Gérald (Baticle, l’entraîneur) voulait. Il est complet, capable de joueur sur plusieurs positions offensives, avec un bon jeu de tête.

« La vente ? Je m’en tape en fait. Je ne suis pas là pour les Américains, pour les Anglais, pour les Russes ou pour les Polonais. Je suis là pour le SCO d’Angers, pour travailler. »

Est-ce que la perspective de quatre descentes en fin de saison modifie l’approche du championnat ?
Ça ne change rien du tout. Au départ, on ne prend pas des joueurs pour calculer si on va descendre ou si on va être champions, on les prend parce qu’on pense qu’ils sont bons. Lorsqu’on attaque une saison, je veux être champion, je ne regarde pas derrière. Après, je ne sors pas de l’asile, je ne suis pas fou. En tout cas, quand mon équipe rentre sur un terrain, c’est pour gagner des matches et pour se faire respecter. Il va falloir qu’on se fasse encore plus respecter cette année, et aller le plus haut possible. Forcément, pour des clubs comme nous avec un budget beaucoup moins huppé que certains, on te met dans une charrette. On nous avait déjà mis dans une charrette l’année dernière, on nous remettra dans une charrette cette année. Ce qu’il y a de bien, c’est qu’on est habitués par rapport à certains. On sait ce qu’on a à faire et comment le faire. J’ai une très forte confiance en mon groupe, en mon coach et en notre effectif, et je suis sûr et certain qu’on va faire une très belle saison.

Nick Sakiewicz, représentant du fonds d’investissement américain GFC, est venu à Saumur pour voir le match contre Saint-Etienne (4-1), le 23 juillet. Depuis, y a-t-il eu des avancées sur le processus de vente du club aux Américains ?
Je m’en tape en fait. Je ne suis pas là pour les Américains, pour les Anglais, pour les Russes ou pour les Polonais. Je suis là pour le SCO d’Angers, pour travailler, qu’on fasse le meilleur et essayer moi aussi d’être performant dans mon travail. Le reste, ce n’est pas mon problème.

Quelle va être la suite du mercato ? Le coach réclame deux renforts défensifs. Est-ce que ces dossiers avancent ?
On est conscients aujourd’hui qu’on a un besoin. Il est compliqué de faire une saison avec deux vrais défenseurs de métier, Miha (Blazic) et Cédric (Hountondji). Batista (Mendy) peut filer un coup de main mais on a besoin d’un renfort défensif supplémentaire. Je n’ai pas l’habitude de travailler dans l’urgence, je ne suis pas pressé. On ne fera pas n’importe quoi. Le joueur arrivera quand il devra arriver et quand il aura été validé par tout le monde.

Vous évoquez un seul défenseur, contre deux par le coach…
Pour l’instant, ce sera un. On ne va pas renouveler les effectifs pléthoriques qui ne sont pas gérables après pour Gérald (Baticle) et qui sont embêtants pour nous aussi. Il faut déjà que le coach ait la bonne voiture pour bien la conduire. Un de plus, ce sera déjà pas mal.

Mardi dernier, Baticle avait l’air de dire que le défenseur central était déjà trouvé et que « le contretemps » venait « de l’autre club ». Le confirmez-vous car là, à vous entendre, ce n’est pas pressé…
Je n’ai pas dit qu’on n’était pas pressé, j’ai dit qu’on ne ferait pas n’importe quoi. Le temps ne presse pas, il presse un peu plus pour le coach et c’est normal. Faire des joueurs pour faire des joueurs, je ne sais pas faire. On prend un peu plus de temps et on accepte d’attendre un peu et d’avoir un joueur qui corresponde à tous, surtout au coach.

« Ce serait bien qu’on nous laisse un peu travailler sereinement, qu’on arrête tout le temps de vouloir mettre de l’huile sur le feu. »

Mais êtes-vous fixés sur un joueur ?
On est fixés mais ce n’est pas signé. On travaille, on bosse.

Des joueurs sont-ils encore susceptibles de partir ?
Tous les trois jours, il y a Ounahi qui s’en va, ou Bentlaeb, ou Sofiane Boufal. Je pense qu’on est très négatifs autour de nous. Personne ne partira. Il faut arrêter maintenant ! Ce serait bien qu’on nous laisse un peu travailler sereinement, qu’on arrête tout le temps de vouloir mettre de l’huile sur le feu avec des infos bidon. Les joueurs ne partiront pas. Le mercato de départs est fini.

Même les retours de prêt ?
Je ne pense pas qu’on m’ait posé les questions sur ces joueurs-là. Certains, depuis le début, savent très bien qu’ils sont en instance de départ et ont des bons de sorties (Diony, Bobichon, El Melali). Il y en a d’autres qui n’en ont pas.

« Si on peut mettre un peu de positivité dans tout ça. J’ai l’impression que depuis six mois ici, c’est la sinistrose. »

La situation de Paul Bernardoni a-t-elle évolué ? Vous aviez dit à la reprise que Yahia Fofana était parti pour être numéro 1 et on a été surpris de voir Bernardoni titulaire pour le dernier match de préparation face à La Spezia (2-2)…
Ce genre de question, je n’y réponds pas. C’est Gérald (Baticle). Aujourd’hui, Paul est dans les trois gardiens du SCO et c’est très bien.

Et qu’en est-il de Sada Thioub ? Alors que le club ne semblait pas compter sur lui, il a été beaucoup utilisé durant la préparation…
Sada aujourd’hui est utilisé un peu plus… Si on peut mettre un peu de positivité dans tout ça. J’ai l’impression que depuis six mois ici, c’est la sinistrose. Ça commence à devenir pesant. Je le sens à ce que je lis et à ce que je vois, ça commence à m’agacer. Je préférerais un peu qu’on parle des choses positives du club, de la chance d’avoir recruté Sima, Hountondji, Blazic…, plutôt que du matin au soir d’entendre des choses qui commencent à m’énerver vraiment. On était morts avec la DNCG, on était morts avec les Américains, on était cuits sportivement. J’ai l’impression qu’on est encore debout. J’aimerais qu’on soit un peu juste avec nous dans le travail, je n’ai pas l’impression qu’on le soit trop. Peut-être que ça arrangerait du monde qu’on aille en Ligue 2, je ne sais pas. Moi, ça ne m’arrangerait pas. »

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