Euro 2022 : de l'interdiction de jouer à une finale européenne, l'Angleterre proche de réussir son pari sportif et social

Euro 2022 : de l’interdiction de jouer à une finale européenne, l’Angleterre proche de réussir son pari sportif et social

Elles sont à un pas de leur graal. Deux fois finalistes d’un Euro et troisièmes de la Coupe du monde 2015, les Anglaises ne sont jamais parvenues à s’imposer dans un tournoi international majeur. Une victoire dimanche 31 juillet lors de l’Euro 2022 marquerait le premier titre pour l’Angleterre depuis la Coupe du monde 1966 remportée par l’équipe masculine. Un succès qui couronnerait une histoire d’amour contrariée entre les Anglaises et le football. Après la désillusion des hommes à l’Euro 2020, is women’s football coming home ?

Il n’y a pas que chez les hommes que l’Angleterre est le berceau du football. En pleine Première Guerre mondiale, en 1917, la première équipe féminine voit le jour, les Dick, Kerr Ladies. Ultra-populaires, ces filles parcourent le pays, font venir des dizaines de milliers de spectateurs à leurs matchs de charité visant à lever des fonds pour les blessés. Mais quatre ans plus tard, la fédération anglaise siffle la fin de la récré : la pratique du football est interdite aux femmes, ce serait dangereux pour leur santé. Ce n’est qu’en 1970 qu’elles peuvent reprendre leur place sur le terrain. 

L’Angleterre repart de très loin. Rarement qualifiée dans les tournois internationaux dans les années 1980-1990, il faut attendre le XXIe siècle pour qu’une équipe féminine nationale retrouve le devant de la scène en phase de groupes. Les matchs à élimination directe se comptent sur les doigts d’une main, jusqu’à une finale d’Euro en 2009, perdue contre… l’Allemagne. 

Débute alors une réfection de fond en comble du football féminin en Angleterre. Première étape, les Jeux de Londres, en 2012. Avec près de 70 000 personnes qui assistent à la victoire inattendue de la sélection britannique face au Brésil en phase de groupes, l’engouement populaire autour de la pratique féminine est lancé. La Football Association (FA) lance en 2013 un programme de développement du football féminin, 4,4 millions d’euros pour octroyer aux petites filles anglaises un même accès aux terrains qu’aux garçons.

Et ça marche : après la Coupe du monde 2019, les effectifs ont bondi de 43 % chez les féminines, et de 28 % dans les équipes mixtes. Au total, l’Angleterre compte actuellement 3,4 millions de joueuses de football sur 11,8 millions de pratiquants. Pas question de s’arrêter là pour autant, la fédération s’est fixé l’objectif que 75 % des écoles anglaises assurent un même accès au football aux filles et aux garçons durant les cours de sport. Avec dans le viseur, l’Euro 2022 comme nouvel accélérateur de croissance.

Mais pour faire briller encore plus les équipes féminines, il faut maintenant que les Lionnes soulèvent la coupe. Lors de leur Euro “à la maison”, pas question de viser autre chose que la première place. Pour y arriver, la fédération a mis les petits plats dans les grands, notamment côté encadrement. Le recrutement de la sélectionneuse Sarina Wiegman a changé la donne. Il faut dire qu’elle est arrivée avec un CV enviable : à la tête de l’équipe des Pays-Bas, son pays natal, elle a remporté l’Euro 2017 et s’est inclinée en finale de la Coupe du monde 2019.

À peine dix mois après son arrivée outre-Manche, elle ne faillit pas à sa réputation : une série de 19 matchs consécutifs sans défaite, et plus de 100 buts marqués, voilà le succès de la méthode Wiegman. Huit buts contre la Norvège, cinq contre l’Irlande du Nord et quatre face à la Suède, la capacité des Lionnes à trouver le fond des filets n’est plus à prouver.

“Les Anglaises ont été incroyables lors de ce tournoi, elles ont mis beaucoup de buts et ont une confiance incroyable en elles”, a souligné mercredi Martina Voss-Tecklenburg, la sélectionneuse allemande, qui ne minimise pas les chances de l’équipe de Lucy Bronze, Ellen White et Beth Mead. La défaite aux tirs aux but des garçons en juillet 2021 contre l’Italie, sur la pelouse de Wembley, là où les joueuses espèrent gagner leur titre, est encore dans toutes les mémoires. Un souvenir que le public veut désormais effacer.

La place des femmes dans le football anglais semble avoir retrouvé son éclat d’antan, et sa popularité rivalise largement avec celle des Dick, Kerr Ladies. Près de 10 millions de téléspectateurs ont regardé Angleterre-Suède, et jusqu’à cinq millions de Britanniques ont regardé la demi-finale opposant la France à l’Allemagne. Cet Euro 2022 est aussi un incroyable succès d’audience pour la BBC, jusqu’à 10 fois supérieure aux scores enregistrés lors la compétition en 2009, note The Guardian

Et si beaucoup ont déploré des tribunes à moitié vides lors des phases de poule, la finale dimanche n’aura assurément pas la même saveur. Organisée au stade de Wembley, elle doit se jouer à guichets fermés, soit 87 000 places. Il pourrait s’agir d’un record d’affluence pour une finale d’Euro, hommes et femmes confondus, devant l’Espagne-URSS de 1964, qui avait réuni 79 115 spectateurs à Madrid (Espagne). La milieu Georgia Stanway assure même à la BBC que des joueurs de l’équipe masculine les ont approchées pour obtenir leur précieux sésame pour la rencontre. Aux Anglaises maintenant de se montrer à la hauteur de l’enjeu. 


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