Jalabert claque la porte !

Jalabert claque la porte !

En première ligne alors que la fronde gronde chez les coureurs du Tour de France 1998, Laurent Jalabert et la Once décident de quitter la Grande Boucle le 29 juillet ainsi que les trois autres formations espagnoles. Conséquence d’une mise en garde à vue des coureurs de la TVM la nuit précédente.

Laurent Jalabert a rarement été à la fête lors des Championnats de France. Difficile pour lui de lutter, seul ou presque, face aux équipes françaises. Le coureur de la Once a néanmoins décrocher le graal en juin 1998 et se faisait une joie d’arborer le maillot bleu-blanc-rouge sur les routes du Tour de France. Son bonheur a néanmoins été gâché.

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 « Je me faisais une joie de faire le Tour avec ce maillot, d’autant plus que je marchais bien. Mais les événements ont fait que ce n’était un plaisir pour personne. Ça ne correspondait pas du tout à ce que j’avais imaginé, racontait-il au début de l’été à Ouest-France en référence aux affaires de dopage qui avaient mis à mal la Grande Boucle et entraîné l’exclusion de l’équipe Festina puis les retraits de Banesto ou Once. C’est un regret oui… L’ambiance était vraiment spéciale. Dans ces conditions, le maillot, tricolore ou pas, ce ne change rien. La course était si peu importante par rapport a tout le reste… Peu importe la couleur du maillot, le plaisir n’était pas là. »

Le scandale avait démarré avant même le début du Tour de France lorsque Willy Voet, un soigneur de l’équipe Festina, est interpellé par la douane française au volant de sa voiture avec, dans le coffre, plus de quatre cents flacons de produits dopants et stupéfiants (235 ampoules d’EPO, 120 capsules d’amphétamines, 82 solutions d’hormone de croissance, 60 flacons de testostérone et des corticoïdes). Lors de la 7e étape, la formation Festina, avec à sa tête Richard Virenque, est exclue du Tour.

On nous traite sans le moindre respect

Mais les affaires de dopage ne s’arrêtent pas là. Les coureurs de la formation néerlandaise TVM sont ainsi mis en garde à vue dans la nuit entre la 16e et 17e étape après la découverte de produits dopants dans un véhicule de l’équipe lors de la journée de repos précédents, provoquant la colère du peloton. Les coureurs décident le lendemain de faire grève, entraînant l’annulation de l’étape. Symboliquement, le peloton franchit la ligne d’arrivée au pas à Aix-les-Bains, avec quatre coureurs de la TVM en première ligne.

Et si Jeroen Blijlevens, le sprinter de TVM, semble à l’origine de la grève, la formation ONCE avec Laurent Jalabert en leader est en première ligne. « On nous traite sans le moindre respect et nous ne sommes pas capables de réagir. Puisque nous n’avons rien su faire, c’est que nous ne sommes rien. Aujourd’hui, nous allons encore donner la preuve que nous sommes incapables de prendre nos responsabilités », tonne Manolo Saint, le manager de l’équipe. « A Tarascon, dit-il, j’ai voulu prendre la parole et je me suis retrouvé comme un con. J’ai à peine été suivi. Il est un peu tard pour tout arrêter. ça serait injuste pour Pantani, Ullrich » embraye Laurent Jalabert.

Je n’ai plus envie de continuer dans ces conditions

Pourtant, alors que le départ a pu être donné finalement normalement, le Mazamétain est parmi les premiers à s’arrêter et à retirer son dossard sur les bords du Lac d’Annecy, imité peu après par Marco Pantani. Et si le reste du peloton reprend finalement la route, la ONCE décide de quitter le Tour de France, imitée ensuite par les trois autres équipes espagnoles, parmi lesquelles la Banesto, ou Luc Leblanc, entendu par la police dans la soirée.

« Je n’ai plus envie de continuer dans ces conditions. J’en ai marre de la suspicion permanente. Et ce n’est pas en roulant à 20 km/h qu’on va se faire entendre et changer quelque chose. Certains sont concernés par ce problème, d’autres ne comprennent rien. Pour eux, c’est comme une journée de repos. On a eu des opportunités de se faire entendre, on ne les a pas saisies. Je m’en vais. Aux autres de prendre leurs responsabilités », a-t-il confié, ajoutant : « Il faut comprendre que certains ne sont pas libres de leur décision. Moi, j’ai la chance d’être compris par mon sponsor et mon directeur sportif.»

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Si le Tour de France ira finalement à son terme, sacrant Marco Pantani, la plupart des coureurs de cette édition seront finalement convaincus de dopage à l’EPO, la commission d’enquête sénatoriale mise en place sur l’efficacité de la lutte antidopage publie un rapport en juillet 2013 comprenant la liste de coureurs contrôlés rétrospectivement positifs à l’EPO. Une liste dans laquelle figurait Laurent Jalabert.

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