Euro de football 2022 : la Suède et l’art du juste milieu

Euro de football 2022 : la Suède et l’art du juste milieu

Invaincues depuis le début de l’Euro féminin de football, les joueuses du sélectionneur suédois Peter Gerhardsson n’ont pourtant pas montré leurs meilleurs visages en Angleterre où se déroule compétition (du 6 au 31 juillet).

En phase de poules, leur plan de jeu a d’abord été neutralisé par les Pays-Bas (1-1). Puis, face à la Suisse, leur victoire s’est avérée laborieuse (2-1), avant de se rassurer en infligeant une leçon au Portugal (5-0).

Ces prestations ont, certes, été suffisantes pour s’octroyer la première place du groupe C, mais elles étaient éloignées du niveau habituel de la première nation européenne au classement FIFA. En quarts de finale contre la Belgique le 22 juillet, les Blagult (Bleu et Jaune, en suédois) ont une nouvelle fois souffert, en arrachant la victoire dans le temps additionnel (1-0).

Mardi 26 juillet, elles affronteront en demi-finales l’Angleterre. « Les Suédoises devront briser chacune des dangereuses offensives anglaises, analyse Lasse Mannheimer, reporter pour l’agence de presse suédoise TT Nyhetsbyran. Mais les Anglaises auront la tâche de renverser la solidité collective de nos joueuses, leur plus grand défi depuis le début de l’Euro. »

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La solidité, la résistance ou la stabilité sont les termes couramment utilisés pour décrire une équipe scandinave, dont l’âge moyen, plutôt élevé (28,5 ans), traduit l’expérience. Une joueuse incarne tout cela : Caroline Seger, la milieu de terrain vétérane (37 ans) aux 232 sélections. « Son importance sur le terrain se ressent le plus, lorsqu’elle est absente », résume Lasse Mannheimer. Entourée de Filippa Angeldahl et de Kosovare Asllanni, Caroline Seger mène un trio médian, dont les différents profils se complètent.

Blessures et lacunes offensives

Mais raison doit être faite. Près de dix-sept ans après sa première sélection nationale, Caroline Seger ne peut plus autant compter sur son corps et son importance dans le jeu des Bleu et Jaune doit se dissiper, sous peine de voir les Suédoises en peine à la moindre de ses absences.

Le sélectionneur Peter Gerhardsson a pu s’en rendre compte en voyant la difficulté de son équipe à passer la défense belge, sa numéro 17, touchée au talon, n’ayant pas pu prendre part aux quarts de finale. Le trou laissé par la capitaine, c’est sa remplaçante depuis deux matchs qui en parle le mieux : « Caroline est une joueuse de football fantastique, livrait Nathalie Björn au sortir du match face à la Belgique. Je pense que personne ne peut atteindre son niveau. »

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Fébrile, car déséquilibrée en son absence, la milieu de terrain de la Suède s’est efforcée d’ouvrir le jeu vers l’avant, mais les attaquantes n’ont guère été en réussite. En témoigne ce chiffre : sur les neuf réalisations des Scandinaves, une seule a été conclue par une attaquante, à savoir Stina Blackstenius face au Portugal.

Nouvelle génération et besoin de trophée

Sous son air de mastodonte historique du football féminin, championne d’Europe en 1984, vice-championne olympique en 2016 et en 2021, la Suède est une équipe qui peine à se renouveler et qui pourrait bien en pâtir d’ici quelques années.

« Ce mardi, nous aurons besoin de toute l’expérience nécessaire face à l’Angleterre, lance Robert Laul, journaliste sportif au Göteborgs-Posten. Les plus grandes nations investissent plus rapidement leurs jeunes générations que nous et, à l’avenir, l’écart entre elles et nous sera de plus en plus grand. Peut-être que ce tournoi est notre dernière chance d’obtenir un trophée. »

Hanna Bennison (à gauche) a marqué son premier but sous les couleurs de la Suède, face à la Suisse (2-1), le 13 juillet à Sheffield.

Dans un effectif vieillissant, Peter Gerhardsson a toutefois anticipé les arrivées de nouvelles têtes, notamment celle d’Hanna Bennison, milieu de terrain évoluant à Everton dans le championnat anglais. A seulement 19 ans, la benjamine du groupe suédois comptabilise déjà 26 sélections.

« Hanna Bennison est extrêmement talentueuse, affirme Lasse Mannheimer. Et elle pourrait bien être, à l’avenir, la future grande joueuse de la Suède. » De là à reprendre le flambeau de l’inlassable Caroline Seger, et perpétuer le traditionnel équilibre suédois ? Réponse à venir dans les prochaines années.

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