Au barbecue, avec une bougie, comment réagir en cas de brûlure ?

Au barbecue, avec une bougie, comment réagir en cas de brûlure ?

Sortez les tongs et la crème solaire, c’est enfin l’été. La saison bénie des vacances, des baignades et des apéros, qui ravira juillettistes puis aoûtiens (sans oublier les « juinistes » et les « septembristes »).

Un moment privilégié pour lâcher prise et savourer la dolce vita au rythme des barbecues, des soirées éclairées à la bougie ou des balades en scooter. Mais entre les braises ardentes, la flamme qui danse et le pot d’échappement bouillant, les risques de brûlure sont en embuscade. Ainsi, environ 8.000 personnes sont hospitalisées en France chaque année pour brûlure. Et même si elles sont superficielles et peu étendues, elles peuvent être extrêmement douloureuses et nécessitent des soins appropriés. Entre bon réflexe et gestes à proscrire, 20 Minutes vous livre la marche à suivre.

La brûlure pour les nuls

Il existe trois types de brûlures. « Au premier degré, quand on a la peau bien rouge, par exemple après un gros coup de soleil, décrit le Dr Catherine Oliveres-Ghouti, dermatologue. En cas de brûlure par une source de chaleur, en sortant un plat du four ou si l’on touche la grille du barbecue, par exemple, ou la semelle du fer à repasser, il s’agit généralement d’une brûlure au second degré. La peau se soulève, fait des cloques et ça fait très mal. Enfin, il y a la brûlure au second degré profond, poursuit la dermatologue, que l’on peut notamment se faire l’été, à scooter ou à moto, quand on est habillé plus court et léger, et que l’on se brûle la jambe contre le pot d’échappement bouillant, dont la température peut avoisiner les 500 °C et vous frire la peau. Il y a aussi tous les accidents domestiques avec brûlures causées par de l’eau ou de l’huile bouillante ».

Le bon réflexe

Dans tous les cas, « le premier réflexe à avoir est de passer sa brûlure au moins quinze minutes sous l’eau froide (à environ 15 °C), pour empêcher la brûlure d’aller plus profondément dans le derme, prescrit le Dr Isabelle Rousseaux, dermatologue. En revanche, si elle est plus étendue, si elle est très importante mais que l’on ne ressent aucune douleur, on va à l’hôpital ».

Quand la brûlure est superficielle, « rouge mais sans cloque, on la soigne avec une crème cicatrisante de type biafine, cicalfate, cicabio ou bépanthène, recommande le Dr Oliveres-Ghouti. Si elle est plus profonde, après l’avoir passée sous l’eau, on le sèche délicatement en tamponnant doucement avec un linge propre, puis on met une compresse pour la protéger. En cas de cloques, je conseille de soigner la plaie avec « Ialuset Plus crème », une crème à base d’argent colloïdal, pour éviter la surinfection. On l’applique en couche épaisse, qu’on couvre d’une compresse et d’un bandage, pour garder la plaie propre, pas exposée à l’air. Et on refait ce soin tous les jours, en prenant soin de nettoyer simplement avec du sérum physiologique que l’on séchera en tamponnant doucement avec une compresse. D’où l’importance d’avoir un autre bon réflexe en glissant ces quelques produits dans sa trousse à pharmacie », souligne la dermatologue.

Heureusement, « en cas de petite brûlure superficielle, la peau cicatrice assez vite, en quelques jours, indique le Dr Rousseaux. En revanche, si elle est plus étendue, qu’elle est très importante mais que l’on ne ressent aucune douleur, ou si la plaie cicatrise mal et semble s’infecter, on consulte immédiatement », prescrit-elle.

La fausse bonne idée

Mettre « du beurre », « du dentifrice », « de la glace » voire « de l’eau de javel » pour soulager une brûlure : entre les remèdes de grand-mère, les bons conseils de la voisine ou les suggestions de notre ami commun Internet, les idées foireuses pour soulager une brûlure sont légion. Et mieux vaut ne pas s’y fier. « Surtout, on évite !, insistent de concert le Dr Oliveres-Ghouti et le Dr Rousseaux. Le plus gros risque avec les brûlures, c’est qu’elles s’infectent. Donc mettre un corps gras ou toute autre substance qui n’est pas stérile est à proscrire. Idem pour l’eau de Javel, irritante, qui en plus de la brûlure par source de chaleur peut entraîner une brûlure chimique ». Quant à la glace, c’est une fausse bonne idée qui risque de décupler la douleur. « Et si des cloques apparaissent, il ne faut surtout pas les percer, au risque d’avoir encore plus mal et de surinfecter la plaie », dit le Dr Oliveres-Ghouti.

En outre, si le miel est vanté pour ses propriétés cicatrisantes et antibactériennes, tartiner sa plaie avec le pot où l’on plonge chaque matin sa petite cuillère léchée n’est pas le meilleur réflexe. Mais si on tient à ce traitement naturel, miser plutôt sur un miel officinal, et après avoir demandé conseil à un professionnel de santé.

Et sitôt la plaie cicatrisée, « surtout en plein été, on ne l’expose pas au soleil, ajoute le Dr Rousseaux. Sinon, on risque une hyperpigmentation post-inflammatoire de la peau, une tache foncée irréversible. Donc si on est au soleil, on abrite sa plaie cicatrisée sous un vêtement ou une bonne couche d’écran total ».

Ça leur est arrivé

Chaque année, dès que les beaux jours reviennent, Hamid et sa famille prennent leurs habitudes estivales. « On dîne sur la terrasse, qu’on éclaire à la bougie quand la nuit tombe, raconte le père de famille. C’est ce qu’on avait fait un soir, l’été dernier. En me levant le lendemain, j’ai vu qu’une bougie en pot était restée allumée toute la nuit et j’ai voulu l’éteindre, se souvient-il. Mais j’ai soufflé trop fort, et la cire brûlante au fond du pot m’a éclaboussé le visage et les avant-bras. La douleur – vive – a été instantanée. Heureusement que je portais mes lunettes de vue parce qu’elles m’ont protégé les yeux ».

Dans la foulée, Hamid fait « couler de l’eau froide sur les brûlures, pendant au moins une dizaine de minutes. Puis j’ai mis de la Biafine, il me semble. J’avais mal, mais je suis parti au boulot. Et le hasard a bien fait les choses : un copain est passé et m’a demandé ce que j’avais au visage. Il m’a dit : “ne bouge pas, j’appelle ma belle-sœur, elle a le don de couper le feu”. Il l’a appelée devant moi, lui a donné mon prénom et mon nom, puis il m’a pris en photo et lui a envoyé. Et elle a fait son truc, là, en direct au téléphone. La douleur me lançait encore, et j’avais la peau rose vif. Et quelques minutes plus tard, je ne ressentais plus aucune sensation douloureuse. Par la suite, mes brûlures n’ont pas cloqué, les plaies ont cicatrisé très vite, en quelques jours, et je n’ai gardé aucune trace sur la peau. J’avais déjà entendu parler des coupeurs de feu, mais je ne savais pas trop quoi en penser. Il faut le vivre pour prendre la mesure de ce don, qui marche, même si les médecins ne savent pas comment l’expliquer »

« C’est vrai, confirme le Dr Oliveres-Ghouti. Aucune étude n’a permis de démontrer ni l’efficacité ni le mécanisme d’action des coupeurs de feu. Mais de nombreux témoignages de patients font état de leurs bienfaits. D’ailleurs, des hôpitaux font appel à eux pour prendre en charge des patients brûlés lors d’un accident domestique ou après un traitement par radiothérapie, ou qui souffrent d’un zona. On ne sait pas si c’est un effet placebo, et cela ne fonctionne pas sur tout le monde. Mais si on en connaît un, je ne vois pas de mal à tenter le coup. Après avoir d’abord adopté les bons gestes pour stopper la brûlure ! »

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