À deux ans des Jeux olympiques, les principaux défis pour Paris 2024

À deux ans des Jeux olympiques, les principaux défis pour Paris 2024

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Les prochains Jeux olympiques d’été auront lieu du 26 juillet au 11 août 2024 à Paris. À deux ans de ces JO en France, voici les principaux défis qui restent à relever pour les organisateurs.

Les Jeux olympiques de Londres, en 2012, ont coûté 15 milliards de dollars. Ceux de Rio en 2016 13,2 milliards. Quant à ceux de Tokyo, reportés de 2020 à 2021 à cause du Covid-19, leur coût officiel est estimé à 13 milliards de dollars.

À chaque fois, la facture s’est envolée par rapport au budget initialement annoncé pour la construction des infrastructures sportives et l’organisation de l’événement en lui-même. La France parviendra-t-elle à faire ce qu’aucun organisateur des Jeux – été comme hiver – n’a réussi ces dernières années : rester dans les clous financièrement ?

Fixé en 2017 entre 6,6 et 6,8 milliards d’euros, le budget prévisionnel de Paris 2024 peut-il être tenu ? Selon une estimation de l’AFP, il serait désormais d’environ 8 milliards d’euros : environ 4 milliards pour le Comité d’organisation (Cojo) et environ 4 milliards pour Solideo, la Société de livraison des ouvrages olympiques. Le contexte économique mondial, marqué par une forte inflation, notamment en Europe, rend le pari de la rigueur budgétaire plus difficile à tenir.

L’un des points forts du dossier de Paris 2024 – et un de ses arguments pour tenir ses délais et ses budgets – était l’utilisation d’infrastructures sportives déjà existantes (Stade de France, Roland-Garros, Bercy, Parc des Princes, etc.) ou éphémères dans des lieux de prestige (au pied de la tour Eiffel, au château de Versailles, au Grand Palais, etc.).

Les principales nouveautés – voir la carte des sites – concernent une aréna dans le nord-est de Paris qui doit être livrée en 2023, un centre aquatique à Saint-Denis (dans la banlieue nord de Paris) disponible au printemps 2024, et un mur d’escalade au Bourget.

Mais les plus gros chantiers sont le village des médias, en construction près de l’aéroport du Bourget, et surtout le village olympique, où logeront notamment les athlètes. Village à cheval sur trois communes (Saint-Denis, l’Île-Saint-Denis et Saint-Ouen). Aucun retard majeur n’a été signalé, pour l’heure.

  • Trouver des solutions pour les transports publics

Difficile d’en dire autant en matière de transports publics. En 2016, le dossier de candidature de Paris pour ces Jeux olympiques mettait grandement en avant l’utilisation du Grand Paris Express, un réseau comprenant notamment quatre nouvelles lignes de métro (15, 16, 17 et 18), avec des délais très optimistes pour la fin des travaux de ce projet pharaonique. Finalement, seule l’extension d’une ligne déjà existante (14) vers l’aéroport d’Orly devrait être prête dans les temps.

Dans ces conditions, comment gérer avec fluidité les déplacements des quelque 9,7 millions de spectateurs attendus durant ces JO 2024 [1] ?

Les transports franciliens sont de fait sous tension depuis plusieurs années. La présidente de la région Île-de-France (IDF), Valérie Pécresse, a récemment réclamé, dans une interview au journal Le Parisien, 4 milliards d’euros à l’État pour moderniser les infrastructures de transports et achever les projets en cours durant les cinq prochaines années. La structure qui chapeaute les transports en IDF (Île-de-France Mobilités) accuse en outre une dette de 7 milliards d’euros, selon un rapport de l’Institut Montaigne.

C’est un sujet sensible. Le fiasco de la finale de la Ligue des champions de football, qui a vu des débordements autour du Stade de France en marge du match Real Madrid-Liverpool, a semé le doute sur la capacité de la France à bien organiser de grands événements sportifs, et ce, à quelques mois du Mondial 2023 de rugby et des prochains Jeux d’été.

Questionnements renforcés par les ambitions des autorités françaises pour la cérémonie d’ouverture de Paris 2024 : celle-ci devrait consister en une gigantesque parade fluviale, avec près de 600 000 spectateurs le long de la Seine.

Dans un récent rapport intermédiaire, la Cour des comptes tire par ailleurs la sonnette d’alarme par rapport aux besoins sur la préparation des JO 2024. Dans ce document consulté par le journal Le Canard enchaîné, la Cour des comptes juge impératif d’accélérer le pas pour relever le défi sécuritaire considérable que représente cet événement. Menaces terroristes, cyberattaques, risques sanitaires : autant de problématiques qui devraient être au cœur des discussions chez les organisateurs des Jeux olympiques de Paris 2024, durant les vingt-quatre prochains mois.

[1] Des matches de football auront lieu ailleurs qu’en région parisienne : dans plusieurs autres grandes villes de France pour le football, tandis que Marseille accueillera notamment les épreuves de voile et Tahiti celles de surf.

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