Mondiaux d’athlétisme : en or sur 400 m, la Bahaméenne Shaunae Miller-Ubio apporte de la diversité au sprint

Mondiaux d’athlétisme : en or sur 400 m, la Bahaméenne Shaunae Miller-Ubio apporte de la diversité au sprint

C’est bien simple : titres ou places sur le podium, depuis le début des Mondiaux à Eugene, en Oregon, les épreuves de sprint sont la quasi-propriété des Américain(e)s ou des Jamaïcain(e)s.

Les deux 100 mètres, les deux 200 mètres, le 110 mètres haies, les deux 400 mètres haies et les deux 400 mètres… L’équipe made in USA a remporté treize médailles et la Jamaïque, cinq. Soit 18 médailles sur un total provisoire de 27 (en épreuves individuelles, seul reste à courir le 100 mètres haies lors du dernier week-end de compétition).

Dans ce paysage, quelques rares exceptions ont émergé. Le Brésilien Alison dos Santos sur 400 mètres haies, mardi 19 juillet. Ou la Bahaméenne Shaunae Miller-Uibo sur le tour de piste, vendredi 22 juillet.

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Aucune athlète américaine (éliminée en demi-finales) ou jamaïcaine (deux présentes en finale) n’est parvenue à se glisser sur le podium du 400 mètres féminin. Une première depuis le 16 juillet. Trois autres nations caribéennes se sont illustrées : les Bahamas, la République dominicaine et les Barbades.

On attendait une bataille épique entre Shaunae Miller-Uibo et la Dominicaine Marileidy Paulino, la première n’a finalement jamais tremblé, se payant le luxe de terminer en relâchant. C’est la concurrente des Barbades, Sada Williams, qui s’est emparée de la médaille de bronze. Les deux coureuses jamaïcaines engagées en finale ont terminé 5e et 7e.

Pas de sprinteuse américaine ou jamaïcaine sur le podium du 400 m féminin

Shaunae Miller-Uibo, double championne olympique, n’avait jamais remporté le titre mondial. Elle avait échoué à deux reprises, médaillée d’argent en 2015 et la dernière fois en 2019, battue à Doha par la Bahreïnie Salwa Eid Naser. Cette dernière avait réalisé un temps canon de 48,19 secondes en finale, soit quasi une seconde de mieux que sa meilleure performance à l’époque.

La Bahaméenne avait appris quelques mois après sa deuxième place que sa rivale avait manqué trois fois à ses obligations de localisation dans le cadre de la lutte antidopage. Et même une quatrième fois après les Mondiaux… Eid Naser avait d’abord été suspendue, puis blanchie, avant d’être, finalement, suspendue deux ans en 2021.

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« Ma préoccupation concerne World Athletics et l’AIU [Unité de l’intégrité de l’athlétisme] et le rôle qu’ils jouent, s’était indignée Miller-Uibo. La tournure récente des événements, avec leurs nombreuses erreurs, à mon avis, ouvre la porte à de nombreuses questions : qu’est-ce qui leur a pris si longtemps pour rendre cette information publique ? Comment est-il possible que cette affaire ait duré jusqu’aux championnats du monde de 2019 ? »

Cette fois-ci, c’est à la régulière que Shauna Miller-Uibo a pris sa revanche. Elle s’affirme comme la digne successeure de Marie-José Pérec, double championne olympique et du monde du 400 mètres et toujours détentrice du record olympique de la distance.

Avant les Mondiaux, les deux championnes se sont d’ailleurs rencontrées à Paris par l’entremise de L’Equipe. « Tous ceux qui font du 400 m sont fans [de Pérec] ! C’est mon athlète favorite, je l’ai toujours eue comme modèle, j’ai regardé ses courses et nous avons beaucoup en commun, la taille, la vitesse, le 200 m et le 400 m, avait confié la Bahaméenne. Espérons que j’arrive à être aussi forte qu’elle. »

A 25 ans, Marileidy Paulino, caporale cheffe dans l’armée de l’air dominicaine, a mérité une nouvelle fois les honneurs militaires grâce à une deuxième médaille d’argent en individuel. Première femme de son pays médaillée olympique en athlétisme à Tokyo l’an passé – elle avait brandi ses pointes et… la Bible après sa première médaille d’argent.

En ouverture des Mondiaux, il y a une semaine, l’équipe de relais mixte, dont elle est une pièce maîtresse, avait remporté le titre à Eugene.

Un record du monde déjà légendaire

Les choses sont revenues à « la normale » – pour le plus grand plaisir du public local – lors des finales du 400 mètres masculin et du 400 mètres haies féminin. La terreur du 400 mètres haies, Sydney McLaughlin a repoussé ses limites, grâce à un record du monde de plus, son quatrième depuis le 27 juin 2021 et son deuxième en un mois. L’Américaine est la première femme à passer sous les 51 secondes.

Les deux champions du monde suivants étaient tous les deux membres de l’équipe des Etats-Unis. Michael Norman a été le plus rapide en 44,29 secondes, grâce à une magnifique dernière ligne droite qui l’a fait devancer le Grenadien Kirani James, 44,48 secondes. Le Britannique Matthew Hudson-Smith s’est classé à la troisième position.

Sydney McLaughlin n’en finit plus de battre son propre record du monde sur le 400 mètres haies.

L’inévitable Sydney McLaughlin, recordwoman du monde, a été, elle, sans pitié pour ses adversaires. Au prix d’un nouveau record du monde en 50,68 secondes, elle a écrasé la Néerlandaise Femke Bol (52,27 secondes) et sa compatriote Dalilah Muhammad (53,13 secondes). A bien des égards, ce record du monde ressemble à celui réalisé à Tokyo en finale olympique par le Norvégien Karsten Warholm, qui avait été le premier coureur de 400 m haies à descendre sous les 46 secondes.


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