Mondiaux d'athlétisme 2022 : surdouée, fervente croyante, recordwoman du monde... Qui est Sydney McLaughlin, la star du 400 m haies ?

Mondiaux d’athlétisme 2022 : surdouée, fervente croyante, recordwoman du monde… Qui est Sydney McLaughlin, la star du 400 m haies ?

A chaque sortie, elle écrit une nouvelle page de ce qui pourrait devenir une légende. Vice-championne du monde à Doha en 2019, championne olympique à Tokyo en 2021, Sydney McLaughlin s’est offert son premier titre mondial senior sur 400 m haies, dans la nuit du vendredi 22 au samedi 23 juillet, à Eugene (Etats-Unis). Par la même occasion, elle a raboté d’environ sept dixièmes son propre record du monde (50″68). Depuis son éclosion dans les catégories jeunes, Sydney McLaughlin abat les frontières du temps.

Première femme à descendre sous les 52″ sur 400 m haies, puis sous les 51″ vendredi, l’Américaine a déjà amélioré à quatre reprises le record du monde de sa discipline fétiche, en treize mois seulement. A même pas 23 ans.


Pourtant, certifier que Sydney McLaughlin domine la discipline serait oublier la concurrence qui la pousse à se sublimer. Ses deux grandes rivales : sa compatriote Dalilah Muhammad, de neuf ans son aînée, ancienne détentrice du record du monde, et la Néerlandaise Femke Bol, qui possède, à 22 ans, le record d’Europe de la distance (52″03). Si à Tokyo ces dernières avaient réussi à rester au contact de la prodige américaine, à Eugene, Femke Bol a pris l’argent à plus d’une seconde et demie de McLaughlin, et Dalilah Muhammad a empoché le bronze à plus de deux secondes. 

“Sydney McLaughlin est très rapide sur 200 et 400 m plat par rapport à ses concurrentes, c’est ce qui fait la différence, éclairait Stéphane Diagana, consultant pour France Télévisions, avant la finale. Car, malgré son expérience sur la distance, elle n’est pas forcément toujours très juste dans la gestion de ses intervalles entre les haies.” Compte tenu de cette fragilité technique, le champion du monde du 400 m haies en 1997 estime que l’Américaine possède une grosse marge de progression. Avec un départ plus rapide, il la voyait, avant la finale, casser la barrière des 51″. Scénario de course exactement réalisé.

Les meilleures marques mondiales, Sydney McLaughlin les collectionne depuis l’adolescence avec un record du monde des moins de 18 ans en 2015, puis des moins de 20 ans de 2016 à 2018 (sur 200 et 400 m en salle et plein air, sur 400 m haies). La jeune fille née à New Brunswick, au sud de New York, brille tôt et participe à ses premiers JO à tout juste 17 ans. 

Pourtant, l’athlète refuse de céder aux sirènes de l’argent. En 2018, sous les couleurs de l’université du Kentucky, elle court une dernière année en tant qu’amateur, alors qu’elle aurait pu passer professionnelle. L’année de la révélation. Invaincue sur 400 m haies et 400 m plat, elle remporte le titre national universitaire à Eugene (déjà) et établit le meilleur temps de l’année sur 400 m haies, tous âges confondus, alors qu’elle n’a pas encore que 19 ans. Ce qui lui vaut d’être désignée par World Athletics comme “étoile montante”, aux côtés du perchiste suédois Armand Duplantis.

L’année suivante, aux Mondiaux de Doha, pour sa première année en tant qu’athlète professionnelle, l’Américaine décroche l’argent sur 400 m haies, derrière sa compatriote Dalilah Muhammad. Mais l’Américaine d’1m75 apprend vite. Début 2021, elle change d’entraîneur et rejoint Bob Kersee, également coach d’Allyson Felix, légende des 200 et 400 m. Six mois plus tard, le 27 juin, sur la piste magique d’Hayward Field à Eugene, Sydney McLaughlin frappe un grand coup. En bouclant le tour de piste avec obstacles en 51″90, elle s’octroie le record du monde et surtout devient la première femme à passer sous les 52″.

Sydney McLaughlin a remporté la finale olympique du 400 m haies, à Tokyo, le 4 août 2021. (JEWEL SAMAD / AFP)

A Tokyo, malgré la pression, Sydney McLaughlin pulvérise sa marque (51″46) pour s’offrir l’or olympique dans une course historique où Dalilah Muhammad s’octroie l’argent avec un chrono bien en-dessous du précédent record du monde (51″56). En juin dernier, sur la piste d’Hayward Field d’Eugene encore une fois, Sydney McLaughlin grignote de nouveau son record (51″41). 

Starifiée après ses exploits à Tokyo, Sydney McLaughlin se distingue par un usage modéré de ses réseaux sociaux. Elle les coupe à l’approche de chaque compétition. Après les Jeux, elle avait d’ailleurs ému en partageant une vidéo d’elle, en larmes, dénonçant leur toxicité. Disant ne pas “vouloir de cette célébrité”, l’athlète demandait plus de respect à son égard.

Son compte Instagram compte un million d’abonnés mais seulement 52 publications. Des messages pour moitié à destination de ses sponsors, pour l’autre en rapport avec sa foi – sa bio sur Instagram ne comporte que trois mots “Jesus is lord” (Jésus est mon seigneur).

Fervente croyante et récemment mariée au joueur de la NFL Andre Levrone, l’Américaine cite volontiers des extraits de la Bible. Elle fait également souvent référence à des passages de la vie de Jésus pour relativiser ses propres difficultés. Et ne manque jamais de remercier Dieu à chacune de ses victoires.

Etant donné son âge et sa trajectoire rectiligne jusqu’ici, il n’est pas interdit de croire qu’elle va continuer d’enfiler les tours de piste en tête pendant des années. “Il y a toujours de la place pour faire mieux”, a-t-elle déclaré après avoir amélioré son record du monde, évoquant dans le même temps la possibilité d’un jour s’aligner sur d’autres épreuves. “Pourquoi pas essayer le 400 m plat ou le 100 m haies ? On verra. Le ciel est la limite.” En ligne de mire Paris 2024 d’abord, mais aussi Los Angeles 2028 pour décrocher un titre à domicile. Elle n’aurait pas encore 30 ans.


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