TEMOIGNAGES. Ils ont franchi le pas de la thérapie : "Ce n'est pas une faiblesse de se faire aider, au contraire"

TEMOIGNAGES. Ils ont franchi le pas de la thérapie : “Ce n’est pas une faiblesse de se faire aider, au contraire”

l’essentiel
L’Organisation mondiale de la Santé considère qu’on est en bonne santé lorsque l’on est dans un “état complet de bien-être physique, social et mental”. Si cette dernière facette a longtemps été mise de côté, elle devient aujourd’hui une plus grande préoccupation. La Dépêche du Midi a recueilli le témoignage de quatre personnes qui racontent pourquoi elles ont décidé de faire une thérapie.

“Les fous ce sont ceux qui ne se font pas aider.” Ce constat, Laura* le fait après plusieurs années dans la torpeur. Elle a enduré des violences conjugales pendant près de dix ans. C’est après une hospitalisation que la trentenaire, qui vit en Occitanie, a finalement pu s’en sortir. “Ce n’est pas une faiblesse de chercher de l’aide, au contraire, ça donne la force de faire face aux difficultés”, souligne-t-elle. Laura souffrait d’anxiété, qui s’est aggravée avec le Covid-19 et le confinement. “Au bord du gouffre”, elle a “voulu en finir”. Mais de justesse, elle s’est tournée vers un médecin qui a demandé son hospitalisation. Sous traitement après une consultation avec un psychiatre, elle a alors pris conscience de l’emprise dont elle était victime par son conjoint de l’époque. “C’est uniquement grâce à ce moment d’hospitalisation que j’ai ouvert les yeux et que j’ai réussi à partir”, se rappelle-t-elle.

Depuis, elle continue de prendre un traitement médicamenteux, après avoir été diagnostiquée avec un choc post-traumatique. Mais surtout, elle continue de consulter : “C’est du travail, il y a des encore des traces, qui resteront sans doute pour toujours, pour autant il ne faut pas se décourager, ça fait du bien d’en parler, ça permet d’avancer.”

Alain* aussi est convaincu par les apports de la thérapie. “Quand on est en dépression, le remède le plus facile c’est de se foutre une balle, mais avant d’en arriver là, il faut se tourner vers quelqu’un qui peut vous aider à faire un autre choix”. Diagnostiqué bipolaire à tendance dépressive il y a plus de dix ans, il a un double suivi : “Le psychiatre donne une camisole chimique qui canalise vos émotions et le psychologue vous fait avancer et vous aide à évoluer”. Ce sexagénaire qui travaillait dans la finance, avant de traverser un burn-out en février du fait d’une succession de problèmes, préfère faire preuve de pudeur quand il s’agit de sa maladie. “On ne fait pas étalage de ce genre de choses, surtout quand le regard des autres sur les maladies mentales n’évolue pas”, confie celui qui se dit tout de même soutenu par son entourage.

“C’est mal vu”

Pour Stéphane, c’est justement son entourage qui l’a poussé à consulter, sa mère notamment. Ce quadragénaire qui réside à Saint-Girons, en Ariège, était cuisinier, jusqu’à ce que le Covid n’arrive. Du jour au lendemain, il ne peut plus travailler, alors de vieux démons refont surface. “J’ai été addict à l’alcool pendant quelques années, j’avais réussi à arrêter, mais avec la pandémie, mon travail en suspens, j’ai replongé”. C’est à ce moment-là que sa famille l’a encouragé à se faire hospitaliser pour béénficier d’un suivi. “La psychologie, ça n’était pas vraiment ma tasse de thé, je ne suis pas quelqu’un de très causant, ça fait partie de mon éducation : ne pas se plaindre pour rien.” Mais il a trouvé dans la thérapie le moyen “d’admettre ses soucis et de comprendre d’où son alcoolisme et sa dépression venaient”.

“Le problème c’est le déni : les gens ne veulent pas accepter qu’ils souffrent, c’est mal vu dans la société d’être en souffrance, pourtant en parler peut vraiment aider”, confirme Stéphane. Pour Anna*, professeure en collège dans le sud-ouest, le fait de “parler régulièrement” lui fait “beaucoup de bien”. Cette trentenaire souffre de troubles psychiques, de bouffées délirantes et de sentiments de persécution. “Ça ne disparaît pas du jour au lendemain, mais ce suivi me permet d’accepter le diagnostic et de vivre avec”. Elle estime qu’il “ne faut pas avoir honte d’en parler et d’aller chercher de l’aide”. “C’est ce qui m’a permis de m’en sortir”, certifie-t-elle.

* Certains prénoms ont été modifiés à la demande des intéressés

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