Pourquoi la communauté gay s'inquiète face à la variole du singe

Pourquoi la communauté gay s’inquiète face à la variole du singe

MONKEYPOX – Si vous avez des proches gays ou que vous l’êtes vous-même, vous savez sans doute que la variole du singe est au centre des discussions chez les HSH, les “hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes” dans le jargon médical. Entre amis, on s’échange des informations sur la maladie, des conseils pour obtenir un rendez-vous pour être vacciné, des nouvelles de proches malades…

“Notre ligne téléphonique est actuellement saturée et nous recevons beaucoup de demandes […] pour la vaccination contre la variole”, témoignait cette semaine Checkpoint, association parisienne de lutte contre le VIH. Mais pourquoi tant d’inquiétude au sein de la communauté gay et, plus largement, parmi les personnes LGBT?

Selon un rapport de Santé Publique France publié ce mercredi 20 juillet, ce sont au total 1453 cas qui ont été confirmés en France, dont 678 en Île-de-France. ”À ce jour, en France, 96 % des cas pour lesquels l’orientation sexuelle est renseignée sont survenus chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH)”, souligne l’agence. “Parmi les cas pour lesquels l’information est disponible, 74% déclarent avoir eu au moins 2 partenaires sexuels dans les 3 semaines avant l’apparition des symptômes.”

Mobilisation des associations

Face à cette diffusion de l’épidémie dans la communauté gay, les associations de lutte contre le VIH, comme Aides, Sidaction ou Act-Up Paris, se mobilisent activement auprès de la communauté gay pour informer sur la maladie, ses symptômes et les moyens d’éviter la transmission. Surtout, elles font pression sur le gouvernement pour accélérer la vaccination.

Car depuis le 11 juillet dernier et l’ouverture de la vaccination préventive aux groupes à risques -à savoir les HSH et les personnes trans ayant plusieurs partenaires, les personnes en situation de prostitution et celles exerçant une activité professionnelle dans un lieu de consommation sexuelle-, la campagne est sévèrement jugée par les associations. “Si la vaccination est ouverte, les retours de terrains font état d’un engorgement dans la prise de rendez-vous. François Braun, il faut accroître les moyens pour accélérer”, a récemment écrit Act-Up Paris. Aides a réclamé ce jeudi 21 juillet une “campagne de vaccination coup de poing”.

Les autorités de santé n’ont pas révélé officiellement le nombre de doses mises à disposition pour la campagne de vaccination, invoquant le secret défense. Un représentant de la DGS a annoncé au Sénat le 13 juillet que 7500 doses avaient être déstockées pour l’élargissement de la vaccination, et que 5000 doses par semaine le seraient ensuite. Selon Têtu, un total de 30000 doses seraient prévues. Interrogé par le magazine, Marc Dixneuf, directeur général de l’association Aides, estime qu’il en faudrait 10 fois plus. 

Complications

L’enjeu, c’est évidemment d’éviter que l’épidémie ne se propage encore davantage au sein de la communauté des HSH ou au sein de la population générale. Car si la maladie guérit le plus souvent spontanément et si elle n’est généralement pas grave, elle peut s’avérer douloureuse et créer des complications, notamment les enfants, les femmes enceintes, et les personnes vivant avec le VIH. Elle nécessite également un isolement de trois semaines, ce qui peut avoir également des conséquences économiques pour les malades.

Pour limiter la propagation de l’épidémie, le temps presse. D’autant que le vaccin procure une bonne immunité deux semaines après la 2e dose. Il faut donc compter un mois et demi pour que la vaccination soit vraiment efficace. Plus le temps passe, plus la maladie risque de gagner du terrain.

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