Cancer du sein : des progrès considérables de l'immunothérapie repoussent de manière significative l'espérance de vie, même dans les pires pronostics

Cancer du sein : des progrès considérables de l’immunothérapie repoussent de manière significative l’espérance de vie, même dans les pires pronostics

Une étude internationale parue le 21 juillet révèle que l’ajout d’un type d’immunothérapie, un anticorps appelé pembrolizumab, à la chimiothérapie, améliore de 27 % la survie globale des patientes atteintes d’un cancer du sein avancé triple négatif, le pire pronostic dans ce type de cancer. Le cancer du sein triple négatif représente environ 15 % de toutes les tumeurs du sein diagnostiquées.

Preuve de l’avancée de la recherche et des thérapies, beaucoup de progrès ont été réalisés en 40 ans dans le traitement du cancer du sein. La chimiothérapie depuis les années 1970 a démontré ainsi sa capacité à améliorer les perspectives des patients lorsqu’elle est appliquée après la chirurgie. Des traitements hormonaux ont également été ajoutés et, plus récemment, des thérapies ciblées, plus efficaces, ont progressivement réduit l’impact du cancer du sein.

Cependant, il existe un type de ces tumeurs cancéreuses dont les faiblesses sont inconnues, comme celles dites triple négatives, car leurs cellules ne possèdent pas de récepteurs aux œstrogènes ou à la progestérone et produisent peu d’HER2, la protéine régulant la multiplication cellulaire. Elles représentent environ 15 % des tumeurs du sein et sont plus fréquentes chez les femmes de moins de 40 ans, beaucoup plus agressives avec un risque élevé d’un mauvais pronostic.

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Ce 21 juillet 2022, le New England Journal of Medicine a publié les résultats d’une étude qui offre une nouvelle option thérapeutique à ces patients. L’essai, auquel ont participé 847 patients, a montré que, lorsqu’un médicament d’immunothérapie, un anticorps appelé le pembrolizumab, est ajouté au traitement habituel de ces tumeurs par la chimiothérapie, la survie moyenne augmente de sept mois chez les patients atteints d’un cancer avancé triple négatif, passant de 16 à 23 mois. 

Les auteurs de l’étude indiquent chez les patientes atteintes d’un cancer du sein avancé triple négatif dont les tumeurs expriment le biomarqueur PD-L1, l’ajout de pembrolizumab à la chimiothérapie entraîne une survie globale significativement plus longue que la chimiothérapie seule. Environ 40 % des patientes atteintes d’un cancer du sein triple négatif présentent des taux élevés de ce biomarqueur. 

PD-L1 est une protéine que notre corps utilise pour identifier les cellules saines et empêcher notre propre système immunitaire, en plus d’éliminer les virus ou bactéries nocifs, d’agir contre notre propre organisme. Cette fonction protectrice est aussi utilisée par certaines cellules tumorales. Il s’agit de véritables poisons dans notre organisme, et qui passent sous le radar de nos défenses immunitaires ou des traitements thérapeutiques.

Des traitements expérimentaux sont testés chez les personnes ayant des perspectives plus faibles, mais selon les chercheurs, ils offriront plus de bénéfices chez les patients atteints de tumeurs moins avancées

Les traitements immunothérapeutiques, comme l’anticorps monoclonal pembrolizumab, utilisé dans cette étude, sont capables de retirer ce masque du cancer et de l’exposer au système immunitaire. 40 % des personnes atteintes de tumeurs du sein triple négatif ont des niveaux élevés de ce biomarqueur et pourraient bénéficier du nouveau traitement.

Toutefois, les cellules tumorales peuvent échapper à cette attaque en exprimant à leur surface une protéine appelée PD-L1. PD-L1 fonctionne comme un “panneau stop” et inactive les lymphocytes T avant qu’ils n’attaquent.

L’immunothérapie pourrait démasquer des tumeurs cachées sous l’expression de protéines telles que PDL1 et augmenter l’efficacité d’autres médicaments.

Cette liaison entre PD-L1 et ses récepteurs constitue donc une cible thérapeutique intéressante pour l’immuno-oncologie. En effet, le blocage de la protéine PD-L1 peut empêcher les cellules cancéreuses d’inactiver les lymphocytes T par le biais des récepteurs PD-1 et B7.1. Les lymphocytes T retrouvent donc leur rôle dans la détection et la destruction des cellules cancéreuses.

C’est en tout cas ce que révèle l’étude menée par l’équipe du docteur Cortes a été publiée par le New England Journal Of Medicine et validée par leurs pairs. 

Toujours est-il que l’augmentation de la survie à sept mois enregistrée dans l’étude “est la plus importante de l’histoire du cancer du sein métastatique triple négatif”.

Selon les chercheurs, la combinaison de chevaux de Troie sera importante avec l’immunothérapie. Les premiers sont des médicaments qui combinent un médicament ciblé pour administrer une chimiothérapie à la tumeur et y libérer la charge avec une plus grande intensité et moins d’effets secondaires. 

L’étude menée par le docteur Cortes a été publiée par le New England Journal Of Medicine et validée par leurs pairs. Il peut être contacté à jacortes@vhio.net ou au Centre international du cancer du sein, Marquesa de Vilallonga 12, Barcelone 08017, Espagne.

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