TEMOIGNAGE. Variole du singe : "Mon cou, mes joues et ma langue ont doublé de volume", raconte un malade

TEMOIGNAGE. Variole du singe : “Mon cou, mes joues et ma langue ont doublé de volume”, raconte un malade

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Thomas, un Parisien, a attrapé le “monkeypox” au début du mois juillet. Fièvre, gonflements, le jeune homme témoigne de ses douleurs auprès de La Dépêche du Midi.

Thomas, 26 ans, a attrapé la variole du singe lors de la Marche des Fiertés, le 25 juin dernier, à Paris. “Je pense avoir embrassé une personne contaminée”, confie-t-il. “Ce qui est sûr, c’est que je ne l’ai pas attrapé par contact sexuel”. De fait, une semaine après la Pride, un gros ganglion apparaît dans le cou du jeune homme, accompagné d’une extrême fatigue. Il pense alors avoir attrapé froid. “Je suis allé voir mon médecin généraliste, qui m’a indiqué que cela ressemblait à une angine”. Cependant, rapidement, la fatigue se transforme en fièvre. “J’oscillais entre les 38 et les 39,°C, ma température changeait tout le temps, j’avais du mal à dormir”, raconte-t-il.

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“Ma bouche était devenue complètement infectée”

Pire, en quelques heures, les symptômes de Thomas s’aggravent. “Ma gorge s’est mise à me brûler, mon ganglion a gonflé”. “Ma gorge était tellement douloureuse que je ne pouvais ni déglutir, ni manger, ni boire, sans avoir l’impression d’avaler des couteaux”, raconte-t-il encore. Au même moment, un gros bouton inhabituel est apparu sur son bras.

Le lendemain, le jeune homme se réveille avec des boutons sur les bras, le bassin et les cuisses. “Cela ressemblait à des crises d’urticaire. Pas à des boutons de variole du singe comme on peut en voir sur Internet. En tout cas, j’ai commencé à me dire que c’était peut-être un peu plus grave qu’une angine”. Le Parisien appelle alors le Samu, qui lui conseille de se rendre à l’hôpital. “Sur place, ils étaient débordés et je n’ai pas pu avoir un rendez-vous de suite.”

Les boutons sur le bras de Thomas
DR

Plus tard, le jeune homme arrive à passer des examens, “mais à l’hôpital, ils ne semblaient pas très inquiets”, avoue-t-il. Cependant, la situation empire. “L’urticaire s’est intensifiée et est devenue plus virulente, les boutons se sont étendus à mon buste. Ma bouche était devenue complètement infectée, j’avais des lésions partout à l’intérieur. Mes lèvres, mon cou, mes joues et ma langue ont doublé de volume”.

Thomas ne peut alors plus ouvrir la bouche, ni parler, ni manger. “J’étais vraiment dans un état de faiblesse très important”. Il finit par se rendre aux urgences. “J’avais besoin que la douleur se calme, tout ce qu’on m’avait prescrit jusque-là ne marchait pas”. Des antidouleurs très puissants lui sont alors prescrits. “Je ne sentais plus rien et j’ai eu des absences. Je n’avais plus de fièvre mais à la place, je suis devenu un gros légume”. Trois jours plus tard, à J+9 après les premiers symptômes, Thomas reçoit ses résultats : il est positif au monkeypox…

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“Je n’ai eu aucune nouvelle de l’hôpital…”

Aujourd’hui, soit plus d’une semaine plus tard, Thomas va mieux. “J’ai été très très malade pendant huit jours environ”, résume-t-il. Ses boutons ont à présent quasiment cicatrisé. Cependant, avec le recul, il regrette un manque de suivi et explique avoir été un peu “lâché dans l’inconnu”. “À la suite de mon test positif, je n’ai eu aucune nouvelle de l’hôpital, ni de mon médecin généraliste, que j’étais allé revoir”. Il sait juste qu’il n’a pas le droit de sortir de chez lui. “Je suis censé rester confiné trois semaines, mais je ne sais pas vraiment à partir de quand”. L’hôpital lui a juste donné un certificat de télétravail jusqu’à fin juillet et une feuille avec quelques indications. “Je ne sortirai qu’à partir du moment où je n’aurai plus de boutons, que les croûtes auront cicatrisé et seront tombées. Je préfère en attendant m’isoler et protéger tout le monde.”

Le jeune homme dénonce également un manque de prévention. “J’avais déjà entendu parler de la variole du singe grâce aux gens qui en avaient parlé sur les réseaux sociaux. Mais je m’étais arrêté à l’idée qu’on l’attrapait quand on avait des relations sexuelles très soutenues, avec plusieurs partenaires, et que l’on finissait à l’hôpital avec des douleurs pas possibles. Si j’avais eu plus de prévention, peut-être que je n’aurais pas embrassé n’importe qui, ou que j’aurais eu le bon réflexe d’aller me faire tester dès l’apparition des symptômes.”

Thomas souligne aussi l’importance de la vaccination. “J’espère vraiment que les gens vont se faire vacciner au maximum, au moins les populations à risque. Cependant, il n’y a pas plus d’informations que ça et il n’y a pas de créneaux disponibles sur Paris”, déplore-t-il.

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