Que sait-on du virus de Marburg, qui a tué deux hommes au Ghana ?

Que sait-on du virus de Marburg, qui a tué deux hommes au Ghana ?

La maladie à virus de Marburg se transmet à l’homme par des chauves-souris et se propage dans l’espèce humaine par contact direct avec les fluides corporels des personnes infectées (Illustration ©Pixabay)

Les autorités sanitaires du Ghana ont officiellement confirmé que deux personnes décédées au début du mois de juillet 2022 étaient atteintes par le virus de Marburg, une fièvre hémorragique hautement contagieuse, similaire à Ebola.

Le premier cas : un homme de 26 ans qui s’est présenté à l’hôpital le 26 juin et est décédé le lendemain. Le second était un homme de 51 ans qui s’est présenté à l’hôpital le 28 juin et est décédé le même jour, relate l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Ces deux patients, sans lien de parenté, présentaient des symptômes tels que la diarrhée, de la fièvre, des nausées et des vomissements.

« Le virus de Marburg peut facilement échapper à tout contrôle »

« Les autorités sanitaires ont réagi rapidement, prenant une longueur d’avance pour se préparer à une éventuelle épidémie. C’est une bonne chose car sans action immédiate et décisive, le Marburg peut facilement échapper à tout contrôle », a commenté le docteur Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, dans un communiqué.

Près de 100 cas contacts ont été placés en quarantaine. L’OMS est entrée en relation avec les pays voisins qui sont en état d’alerte et va envoyer une équipe d’experts « pour assurer la coordination et évaluer les risques et les mesures de prévention de l’infection ».

Que sait-on de ce virus ?

L’histoire médicale du virus de Marburg débute en Europe, dans un laboratoire. Il a été découvert pour la première fois en 1967, simultanément en Allemagne, dans la ville de Marburg ainsi qu’à Francfort, et en Yougoslavie (aujourd’hui Serbie), à Belgrade.

Vidéos : en ce moment sur Actu

Des employés de laboratoires ont été infectés après avoir été en contact avec des singes provenant d’Ouganda. 29 personnes sont tombées malades en Allemagne, sept sont morts. Les malades étaient dans un premier temps les personnels des laboratoires, puis l’infection s’est propagée aux membres du personnel médical qui avaient soigné les premiers patients, ainsi qu’à leurs familles.

Ce sont donc les singes verts d’Afrique (Cercopithecus aethiops) importés d’Ouganda qui ont été la source d’infection pour l’homme de cette première épidémie de Marburg.

Très présent en Afrique

Ces virus, Marburg et Ebola, appartiennent tous deux à la famille des Filoviridae (filovirus). Bien que causées par des virus différents, ces deux maladies sont cliniquement similaires. Elles ont la capacité de provoquer des épidémies avec des taux de mortalité élevés.

C’est la première fois que le Ghana confirme la présence du virus de Marburg. L’OMS avait annoncé en septembre 2021 la fin du premier épisode du virus de Marburg en Afrique de l’Ouest, 42 jours après l’identification d’un cas unique en Guinée.

Des flambées et des cas sporadiques avaient par le passé été signalés ailleurs en Afrique, notamment en Afrique du Sud, en Angola, au Kenya, en Ouganda et en République démocratique du Congo. 128 personnes en sont mortes en République démocratique du Congo en 1998, 329 en Angola en 2005.

Comment se transmet le virus de Marburg ?

La maladie à virus de Marburg se transmet à l’homme par les chauves-souris frugivores, considérées comme des hôtes naturels de ce virus, et se propage dans l’espèce humaine par contact direct avec les fluides corporels des personnes infectées, ou avec les surfaces et les matériaux, selon l’OMS.

Ainsi, on peut être infecté à travers une peau ou des muqueuses éraflées avec le sang, les sécrétions, les organes ou d’autres fluides corporels de personnes infectées, et avec la literie, les vêtements etc. 

Quels symptômes et comment se soigner ?

La maladie commence de façon soudaine, avec une forte fièvre, des maux de tête intenses et un éventuel malaise. Les taux de létalité, importants, ont varié de 24 % à 88 % lors des épidémies précédentes, en fonction de la souche virale et de la gestion des cas, selon l’OMS. De nombreux patients développent des signes hémorragiques graves dans les sept jours.

Bien qu’il n’existe pas de vaccins ou de traitements antiviraux approuvés pour traiter le virus, les soins de soutien – réhydratation par des liquides oraux ou intraveineux – et le traitement des symptômes spécifiques, améliorent la survie.

Selon l’OMS, une série de traitements potentiels, notamment des produits sanguins, des thérapies immunitaires et des traitements médicamenteux, sont en cours d’évaluation.

Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre Actu dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.


#saiton #virus #Marburg #qui #tué #deux #hommes #Ghana

Leave a Comment

Your email address will not be published.