Wilfried Happio passe à côté d’un exploit en finale du 400 mètres haies aux mondiaux d’athlétisme

Wilfried Happio passe à côté d’un exploit en finale du 400 mètres haies aux mondiaux d’athlétisme

« Putain, j’étais troisième… Au moins j’ai tout donné. » Mardi 19 juillet à Eugene (Oregon), Wilfried Happio était encore troisième à quelques mètres de la ligne d’arrivée de la finale du 400 mètres haies, avant, finalement, de prendre une inattendue quatrième place. Il a échoué à deux centièmes d’une médaille de bronze mondiale décrochée par l’Américain Trevor Bassitt (47 secondes 39 centièmes), 3e derrière le Brésilien Alison dos Santos (46 secondes 29 centièmes) et un autre Américain, Rai Benjamin (46 secondes 89 centièmes).

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Après la quatrième place du lanceur de marteau Quentin Bigot et la déception du 110 m haies (Pascal Martinot Lagarde, Just Kwaou-Mathey et Sasha Zhoya non qualifiés pour la finale), une médaille aurait fait du bien à l’équipe de France.

A 23 ans, Wilfried Happio a écrasé son propre record. Et cette fois-ci, il a même tutoyé un record de France mythique – longtemps record d’Europe –, celui de Stéphane Diagana : 47 s 41, contre 47 s 37.

Il avait battu une première fois son record personnel à la fin de juin, dans un contexte bien particulier : quelques minutes avant la finale des championnats de France, il avait été agressé par le frère d’une athlète, qui a déposé plainte contre lui pour agression sexuelle.

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A la question de savoir s’il réalisait le niveau de performance, l’intéressé était partagé : « Je vais me dire ça dans quelques jours. Pour l’instant, j’ai vraiment la quatrième place dans la tête. Mais je suis content de me rapprocher du chrono de Stéphane. C’est un mentor et un exemple. »

Le licencié lillois ajoutait : « Avant d’arriver ici, je ne l’aurais pas cru si on m’avait dit que j’allais terminer 4e, avec les noms qu’il y a. A Tokyo [aux Jeux olympiques], je ne me qualifie même pas en finale. Il faut savoir saisir les opportunités dans la vie. Aujourd’hui, j’en ai peut-être saisi une. »

« Oh, il y a Warholm ! »

Pourtant, dans le contexte particulier de la méforme de Karsten Warholm, qui risque de ne pas de se reproduire souvent, Wilfried Happio est peut-être bien passé à côté du résultat d’une vie. L’Américain Trevor Bassitt « est parti plus lentement, ce qui a fait qu’il avait un peu plus de jus que moi sur la fin. Il a réussi à grappiller les deux centièmes qui lui manquaient, a-t-il analysé plus lucide. Félicitations à lui, maintenant, c’est la dernière fois qu’il me fait ça (sourire). »

A quoi a-t-il pensé quand il a remonté son handicap sur le recordman du monde, Kartsen Warholm, qui était en train de craquer, à l’entrée de la dernière ligne droite ? « Je m’étais tellement dit : “Arrête de te dire que c’est Warholm, sinon tu ne vas jamais faire premier.” Quand je suis passé, j’ai dit “Oh, il y a Warholm !” Je m’étais dit que j’allais le battre mais une fois que tu le fais vraiment, tu es toujours un peu surpris. »

Ce résultat ouvre de nouveaux horizons à l’athlète, qui devra régler ses problèmes extrasportifs, lui qui a été entendu par l’Insep (son lieu d’entraînement) mais pas encore par les policiers. « On va bosser en conséquence. On est tous un peu humains. A la fin de la course, tu te dis que c’est une question de mental, à celui qui est le plus à jour dans son entraînement », a-t-il déclaré.

Celui qui a gagné près d’une seconde et demie sur son meilleur temps en moins d’un mois n’en est même pas étonné : « Cela peut paraître ouf. Moi je le vois plutôt dans le sens où ça faisait trois ans que je faisais 49 secondes. Je stagnais, alors que je m’entraînais dur. Il fallait un déclic, a-t-il expliqué. Quand on est fort jeune, que l’on connaît des périodes de doutes, on peut trébucher et se fixer des limites.

Dès le mois d’août, Wilfried Happio aura une nouvelle occasion de montrer que cela ne tient pas au hasard. A Munich, il sera l’un des prétendants au podium des championnats d’Europe. « Je prends la tête du classement européen, ça fait plaisir. Je respecte énormément mes concurrents et je sais ce qu’ils peuvent faire », a-t-il confié. Il y retrouvera certainement un Karsten Warholm revanchard et plus affûté que dans l’Oregon.

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