Virus de Marburg : deux premiers cas confirmés au Ghana

Virus de Marburg : deux premiers cas confirmés au Ghana

Un médecin de l’OMS prélève un échantillon oral sur une patiente, soupçonnée d’avoir la fièvre hémorragique de Marburg, à Kinguangua, en RDC, le 6 mai 2005. CHRISTOPHER BLACK / WHO / AFP

C’est la première fois que cette fièvre hémorragique, aussi meurtrière qu’Ebola, est enregistrée dans le pays. 98 cas contacts ont été placés en quarantaine.

Deux cas de contamination au virus Marburg, une fièvre hémorragique aussi meurtrière qu’Ebola, ont été enregistrés au Ghana au début du mois de juillet, ont annoncé les autorités sanitaires ce dimanche 17 juillet.

Les deux patients, sans lien de parenté, présentaient divers symptômes tels que la diarrhée, la fièvre, des nausées et des vomissements, selon la branche africaine de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). «C’est la première fois que le Ghana confirme [la présence] du virus Marburg», a précisé le Dr Patrick Kuma-Aboagye, directeur général du Service de santé ghanéen dans un communiqué.

Les deux patients décédés

Des prélèvements sanguins ont été réalisés sur les malades dans l’hôpital du district de la région d’Ashanti (Sud), le 8 juillet dernier. Les échantillons ont ensuite été envoyés à l’Institut Pasteur de Dakar (IDP) pour confirmation. «Les tests supplémentaires effectués à l’IDP ont corroboré les résultats», a affirmé le Dr Patrick Kuma-Aboagye. Si les symptômes des patients n’inquiétaient pas les médecins au départ, car similaires à une gastro-entérite aiguë, l’état d’urgence a été décrété lorsque la première malade est décédée, suivie 48 heures plus tard par la seconde.

Aucun autre cas n’a été détecté pour l’heure, mais 98 personnes identifiées comme des cas contacts ont été placés en quarantaine. «Les autorités sanitaires ont réagi rapidement, prenant une longueur d’avance pour se préparer à une éventuelle épidémie. C’est une bonne chose car sans action immédiate et décisive, le Marburg peut facilement échapper à tout contrôle», a déclaré la Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.

Un virus très contagieux

La maladie à virus de Marburg est difficile à identifier car les symptômes sont proches de ceux d’autres maladies tropicales, comme Ebola ou le paludisme. Elle commence généralement de façon soudaine avec une forte fièvre, des maux de tête intenses et un éventuel malaise. Des courbatures, de la diarrhée et du sang dans les selles peuvent également être présents.

L’OMS a exprimé son inquiétude face à ce virus très contagieux qui se transmet à l’homme par les chauves-souris frugivores, et se propage chez les humains par contact direct à travers les fluides corporels tels que le sang, le sperme ou l’urine, ou via les surfaces et matériaux infectés.

Les taux de létalité varient de 24% à 88% lors de ces épidémies, en fonction de la souche virale et de la gestion des cas, selon l’OMS. Bien qu’il n’existe pas encore de vaccin ou de traitements antiviraux approuvés pour traiter le virus, la réhydratation par voie orale ou intraveineuse et le traitement des symptômes spécifiques améliorent les taux de survie.

Un virus déjà présent en Afrique

C’est la deuxième fois que cette maladie frappe le continent africain. L’OMS avait annoncé le 16 septembre 2021 la fin du premier épisode du virus Marburg en Afrique de l’Ouest, 42 jours après l’identification de cas en Guinée. Le patient avait contracté le virus et en était mort en août de la même année. Des flambées et des cas sporadiques avaient par le passé été signalés ailleurs en Afrique, notamment en Afrique du Sud, en Angola, au Kenya, en Ouganda et en République démocratique du Congo (RDC).

L’origine de cette maladie remonte aux années 1960, lorsqu’elle a été découverte à Marburg en Allemagne. Des chercheurs étaient subitement tombés malades, alors qu’ils travaillaient sur un vaccin à base de cellules de singe. Ils sont désormais considérés comme les premiers contaminés au virus Marburg.


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