Pour Yulimar Rojas, une troisième médaille d’or au triple saut lors des mondiaux d’athlétisme

Pour Yulimar Rojas, une troisième médaille d’or au triple saut lors des mondiaux d’athlétisme

Elle fait partie de l’élite des athlètes. A Eugene, la triple sauteuse Yulimar Rojas figurait en compagnie de la crème de la crème de l’athlétisme mondial. Ceux capables de battre un record du monde sur la piste du stade Hayward Field : la sprinteuse Shelly-Ann Fraser-Pryce, le perchiste Armand Duplantis, les spécialistes des haies Karsten Warholm et Sydney McLaughlin ou encore le lanceur de poids Ryan Crouser…

Si la Vénézuelienne n’est pas parvenue à améliorer son propre record du monde – 15,74 mètres réalisés cette année à Belgrade pendant les championnats du monde en salle – elle a remporté son troisième titre planétaire en plein air de suite.

Avec un triple bond à 15,47 mètres, l’élève de l’entraîneur cubain Ivan Pedroso a dominé de la tête et des épaules ses concurrentes, reléguant ses poursuivantes à 58 et à 75 centimètres – la Jamaïcaine Shanieka Ricketts et l’Américaine Tori Franklin.

Modeste premier saut

L’issue d’une finale mondiale n’avait rarement été aussi inéluctable. La seule interrogation ne résidait pas dans l’identité de la vainqueure – Yulimar Rojas –, mais dans la réalisation ou non d’un nouveau record du monde.

Autrice d’un modeste premier saut qui ne l’avait placé que deuxième de la finale, la championne a fait le show dès sa deuxième tentative. La Sud-Américaine haranguait la foule et lançait un clapping.

Puis, avant de s’élancer, elle récitait ses gammes à voix haute, frappait sur ses cuisses comme pour électriser ses muscles. Avec un triple bond à 15,47 mètres, la favorite assommait le concours.

A son quatrième essai, elle rebondissait à une longueur inconnue, semble-t-il au-delà du record du monde, mais cette tentative n’était pas mesurée, puisque l’athlète avait mordu la planche d’appel. Au dernier essai, malgré une très mauvaise planche, elle atterrissait tout de même à un impressionnant 15,39 mètres.

Accumulation de premières

Née sur la côte caribéenne du Vénézuela, Rojas a grandi dans une maison au toit troué au sein d’une famille pauvre. Passionnée d’athlétisme, sa carrière a pris un tournant inattendu en 2015, le jour où un célèbre réseau social lui a proposé une recommandation automatique afin d’entrer en contact avec un ex-champion qu’elle admirait, le multimédaillé d’or mondial et olympique du saut en longueur, Ivan Pedroso.

Elle lui a écrit un message : « « J’ai osé le contacter et lui ai dit à quel point je l’admirais et que je rêvais de m’entraîner avec lui, a raconté Yulimar Rojas. Il a dit qu’il avait suivi ma carrière et croyait que j’avais un grand talent. »

La triple sauteuse fait le grand bond pour rejoindre l’Espagne où vit la légende cubaine. L’attelage fonctionne à merveille. En sept ans, Yulimar Rojas est passée de la jeune fan à une championne qui engrange les titres internationaux, enchaîne les records du monde et milite pour les droits LGBT dans son pays.

Elle est la première – et l’unique – championne du monde en plein air et championne du monde en salle du Vénézuela. En 2016, elle est devenue la première femme de son pays à remporter une médaille olympique en athlétisme. Elle est aussi la première femme vénézuélienne à détenir un record du monde.

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Enfin, à Tokyo le 1er août 2021, Yulimar Rojas a remporté l’unique médaille d’or olympique d’une sportive vénézuélienne. Ce jour-là, elle avait également battu un record du monde vieux de vingt-six ans en atterrissant à 15,67 mètres, ce qui constitue toujours la meilleure performance de tous les temps en extérieur. Le précédent appartenait à Inessa Kravets, 15,50 mètres réalisés en 1995.

Dépasser le palmarès de son coach cubain

Le triple saut n’est ouvert à la pratique féminine que depuis la fin des années 1980 et a été intégré pour la première fois au programme d’un championnat du monde en 1993 à Stuttgart et en 1996 à Atlanta au programme des Jeux olympiques. La discipline est donc relativement neuve.

« Je l’ai déjà dit auparavant, je n’aime pas me fixer de limites en tant qu’athlète », déclare Yulimar Rojas. Elle désire être la première femme à sauter plus de 16 mètres. « Je vais y arriver. Je suis née pour sauter cette distance. C’est ce qui me motive le plus. Rien n’est impossible, c’est ma devise. »

Sa deuxième motivation est de dépasser le palmarès de son coach. Le Cubain a remporté l’or olympique du saut en longueur ainsi que cinq titres mondiaux en salle et quatre en plein air. Yulimar Rojas compte désormais un titre olympique, trois titres mondiaux en plein air et trois titres mondiaux en salle. A 26 ans, elle a le temps d’exaucer son vœu.

Si tout lui sourit, la championne du monde a connu un léger accroc cette année. Elle n’a pas pu s’aligner sur le concours du saut en longueur afin de réussir le doublé qu’elle visait. Son saut qualificatif mesuré à 6,93 mètres en Espagne n’a pas été validé par World Athletics. Un saut réalisé avec des chaussures de triple saut dont la hauteur des semelles est plus haute que celle homologuée pour le saut en longueur : 25 millimètres, contre 20.

La fédération internationale s’en était excusée avant le début de la compétition : « Nous savons que cela est décevant pour Mme Rojas et ses nombreux de fans. Mais nous avons hâte de la voir concourir au triple saut. »

Dès l’an prochain, lors des Mondiaux de Budapest, et dans deux ans lors des prochains Jeux de Paris, Yulimar Rojas aura deux nouvelles occasions de survoler sa discipline et, cette fois-ci, de faire aussi trembler ses collègues du saut en longueur.

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