Tour de France 2022 : avis aux sprinteurs, crème de menthe et chasuble bénie

Tour de France 2022 : avis aux sprinteurs, crème de menthe et chasuble bénie

L’étape du jour : Rodez-Carcassonne (202,5 kilomètres)

Avis aux sprinteurs : les occasions pour les grosses cuisses du peloton de décrocher une victoire avant l’étape des Champs-Elysées deviennent rares. Alors, la descente, dimanche 17 juillet, en pays cathare, théâtre de la 15e étape, n’aura rien d’un détour touristique. Ce ne sont pas les deux bosses de la journée, la côte d’Ambialet (3e catégorie) et celle des Cammazes (3e catégorie), à 60 kilomètres de l’arrivée, qui devraient empêcher les équipes de sprinteurs, la Lotto-Soudal de Caleb Ewan ou encore la Quick-Step Alpha Vinyl de Fabio Jakobsen, de mettre la main sur la course.

Mark Cavendish, non retenu sur ce Tour, avait d’ailleurs décroché, en 2021, dans les rues de Carcassonne, sa 34e victoire en carrière sur la Grande Boucle, égalant le record du légendaire Eddy Merckx.

Jonas Vingegaard (Jumbo-Visma) et Tadej Pogacar (UAE Team Emirates) chercheront, eux, à éviter le coup de chaud, alors que la météo s’annonce, une fois de plus, caniculaire sur les routes du Tarn et de l’Aude. A la veille de la dernière journée de repos, les leaders du classement général ont déjà les yeux tournés vers les Pyrénées.

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Les pronos

LA RAISON

On le voit partout sur ce Tour, et très souvent à l’avant de la course. Autant à l’aise en plaine qu’au début des ascensions, Wout van Aert a le profil pour s’imposer au pied de la cité médiévale. Porteur du maillot jaune pendant quatre jours, vainqueur de deux étapes de ce Tour, le rouleur sprinteur belge de l’équipe Jumbo-Visma a faim de victoires. La côte des Cammazes, à environ 60 kilomètres de l’arrivée, peut lui permettre d’éliminer ses rivaux pour le sprint et de consolider son maillot vert, qu’il a sur les épaules depuis le 2 juillet.

LE CŒUR

Lanterne rouge au classement général, Caleb Ewan est étonnamment discret depuis le début de ce Tour. Sa meilleure place ? Neuvième lors de la 3e et dernière étape au Danemark. Le sprinteur de poche (1,65 m) australien est surtout très malchanceux : tombé vendredi à 70 kilomètres de Saint-Etienne, le coureur de 28 ans de la Lotto-Soudal – deux victoires sur la Grande Boucle en 2020 et trois en 2019 –, a vécu un calvaire le lendemain, rejoignant Mende avec trente-neuf minutes de retard sur le vainqueur du jour. Mais, à l’orgueil, il peut régler le peloton dans les rues de Carcassonne.

La décla

« Notre stratégie, c’est de stresser Jonas Vingegaard et la Jumbo-Visma tant que nous le pouvons, et ça marche »

Tadej Pogacar n’a jamais connu la défaite en deux participations au Tour, et il croit dur comme fer être capable de poursuivre sa série. Le Slovène et son équipe, UAE, ont donc tenté de récupérer du temps sur le maillot jaune, Jonas Vingegaard, dans la montée « Jalabert », samedi, lors de l’arrivée de la 14étape. Un coup d’épée dans l’eau, mais « Pogi » a fait passer le message : malgré un retard supérieur à deux minutes, il ne va rien lâcher en troisième semaine.

Détour du Tour

Il eût été simple de parler de la cité médiévale de Carcassonne, véritable carte postale du département de l’Aude. Mais Revel colle parfaitement au « détour du Tour ». Seule incursion – de quelques kilomètres – en Haute-Garonne de cette 15e étape qui sillonnera en pays cathare, la ville, située à 50 kilomètres à l’est de Toulouse, limitrophe du Tarn et de l’Aude, a pour particularité d’être la plus grande bastide de France, construite au XIVe siècle sous Philippe VI de Valois.

Revel, aujourd’hui près de dix mille habitants, fut également pendant vingt ans – de 1660 à 1680 – le QG de l’ingénieur Pierre-Paul Riquet, le constructeur du canal du Midi, dont un musée retrace la vie et l’œuvre.

Mais Revel, c’est aussi la ville du Get 27, célèbre crème de menthe inventée en 1796 par un distillateur, François Pons. Pas sûr que l’Australien Michael Matthews, dernier vainqueur dans les rues de la cité garonnaise en 2016 – et vainqueur samedi 16 juillet à Mende – a pris le temps de s’envoyer un shot vert et sucré.

Dans le rétro

En 2006, l’équipe Discovery découvre la vie sans Lance Armstrong. Yaroslav Popovych a bien les qualités physiques d’un leader, mais l’Ukrainien (3e du Giro en 2003) s’est un peu trop habitué au rôle lucratif d’équipier de luxe. Avant cette 12e étape, l’équipe américaine est passée à côté de son Tour et a même perdu deux coureurs en chemin (Noval et Savoldelli, sur abandon).

Rien ne va. Mais Popovych – déjà loin au classement général – se retrouve à jouer la victoire d’étape dans les rues de Carcassonne avec Oscar Freire et Alessandro Ballan. Ces deux anciens champions du monde ont une meilleure pointe de vitesse que lui. Popovych doit finir seul. Il n’a pas d’autre choix. Il place alors plusieurs démarrages et profite de l’étonnante passivité de Freire pour s’isoler à 3 kilomètres.

Devenu directeur sportif de l’équipe Trek-Segafredo, l’Ukrainien a mis le cyclisme de côté et multiplie les allers-retours entre l’Italie (où il vit) et son pays natal, à bord d’une camionnette chargée de vivres. Sa façon à lui de mener le combat contre l’envahisseur russe.

La voiture-balai

« T’as pas ta chasuble ? » Avant de filer recueillir les réactions des coureurs après les étapes, un confrère de la presse quotidienne régionale nous pose toujours cette question. Humour de journalistes, il faut bien tenir trois semaines. On rigole, mais, à Megève, Bradley Wiggins n’avait pas sa chasuble blanche, sans doute pas au goût du consultant très « mods » d’Eurosport et accessoirement vainqueur du Tour en 2012.

Et qui dit pas de chasuble, dit pas d’accès à la zone d’interview. Quand un responsable de la sécurité, un peu zélé et moyennement physionomiste, barre le passage à « Wiggo » pour ce motif, ce dernier s’étonne. « Mais vous me connaissez, je suis là tous les jours pour faire mes interviews. » Une information qui entre par une oreille et sort par l’autre.

La tension est même montée un peu et on s’est même vu devoir jouer les casques bleus entre les deux belligérants. Heureusement, le Britannique se fera prêter une chasuble. Quant au monsieur de la sécurité, un chauffeur (et vieux copain de Wiggins) lui demandera s’il avait compris à qui il parlait. « Je m’en fous qu’il ait gagné le Tour, ce n’est pas mon problème. » Au Monde, personne n’a gagné la Grande Boucle, mais on porte toujours sa chasuble.

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