Raphinha au Barça : 70 millions et quelques doutes

Raphinha au Barça : 70 millions et quelques doutes

Kessié, Christensen et désormais Raphinha. Le FC Barcelone a bien décidé d’être un acteur prépondérant de ce mercato estival et cela, même s’il faut jouer avec des finances déjà dans le rouge. Et si le club catalan a réalisé un joli coup au regard de la qualité de ses concurrents dans ce dossier (Chelsea et Arsenal), le recrutement coûteux (70 millions d’euros) de l’ancien joueur de Leeds et de Rennes ne présage pas l’extase non plus.

C’est bien connu, Joan Laporta n’est pas du genre à faire dans la surenchère. En décembre dernier, au moment où la perspective d’une prolongation d’Ousmane Dembélé devenait de plus en plus concrète, le président du Barça n’avait pas hésité à assurer que son joueur était « meilleur que Mbappé » . Cette semaine, le dirigeant espagnol s’est cette fois-ci réjoui du grand « retour du joga bonito » grâce à l’arrivée de Raphinha. « Il me rappelle vraiment les Brésiliens qui ont joué pour le Barça auparavant » , a-t-il rajouté. Sauf que voilà, l’écurie catalane a beau avoir grillé la priorité à Chelsea ou à Arsenal dans ce dossier à 70 millions d’euros, rien ne laisse à penser que l’ancien pensionnaire de Leeds fera partie du gratin des lusophones qui ont réussi chez les Culés.

L’exception qui confirme la règle

Laporta aura beau aligner de nombreux qualificatifs pour parler de Raphinha, sa dernière recrue amène avec lui plus de questions que de solutions. De quoi rappeler les relativement récents achats tordus qu’ont été Paulinho, Malcom, Nélson Semedo ou encore Francisco Trincão. Et pourtant, tout portait à croire que ce FC Barcelone en reconstruction ne retomberait plus dans ses travers. Avec un style de jeu retrouvé, des jeunes arrivés à maturité poussés dans le grand bain par Xavi et une nouvelle direction expérimentée déterminée à faire oublier l’ancienne, le navire à la dérive semblait guérir et prendre, enfin, le droit chemin. Mieux encore, l’ogre espagnol a contrôlé davantage ses dépenses sur le marché en commençant par attirer des joueurs libres, et en renégociant le contrat de certains de ses cadors pour revoir sa masse salariale à la baisse. La prolongation d’Ousmane Dembélé réalisée pas plus tard que ce jeudi allait d’ailleurs dans ce sens. Mais voilà que dans cet engouement, l’écurie catalane a décidé de poser 70 bâtons sur un joueur de 25 ans qui n’offre aucune réelle garantie – puisque Raphinha n’a disputé que quatorze matchs de Ligue Europa avec le Sporting et Rennes dans toute sa carrière –, talentueux certes, mais qui s’est battu pour le maintien du côté de Leeds la saison dernière. Attention, si de nombreux doutes planent quant à la capacité de l’ailier brésilien de s’imposer dans le onze de Xavi et de répondre aux exigences des compétitions européennes et des grands rendez-vous, Raphinha n’est pas non plus n’importe qui et aura évidemment envie de fermer le clapet de ceux qui ont douté de lui. Néanmoins, pas certain que ce soit suffisant.

Cette semaine, l’international brésilien (8 sélections, 3 buts) a déposé ses valises dans un secteur sinistré, où le seul Dembélé semble capable du miracle individuel. En position de force dans les négociations autour de sa prolongation au regard de son ancienne situation contractuelle, le feu follet français a tout de même accepté les conditions tarifaires à la baisse des dirigeants du FC Barcelone pour poursuivre l’aventure. Mais si l’ancien joueur du Borussia Dortmund (et de Rennes, lui aussi) a mis de l’eau dans son vin à ce niveau-là, il a sûrement pris soin de cocher la plus importante des cases : la titularisation. Dès lors, Raphinha a-t-il assez d’atouts dans ses bagages pour déloger le propriétaire ? À première vue, non. Auteur d’une saison honnête à onze buts (dont quatre sur penalty) et trois passes décisives en 36 matchs toutes compétitions confondues, l’ailier débarque en terre inconnue : là où on va lui demander de ne pas se cantonner à son poste d’ailier.

Le FC Dépensier

C’est donc sûrement avec le costume de deuxième lame que « le Petit Raphaël » arrive en Espagne, même si les 70 millions posées sur lui indiquent le contraire. Et là est peut-être l’autre souci. Non pas que le natif de Porto Alegre ne puisse pas remplir ce rôle – difficile de se plaindre quand on a un douzième homme de qualité dans son effectif –, mais plutôt que le Barça tente d’assumer un train de vie qui n’est plus le sien. L’écurie catalane ne fait sans aucune doute plus partie des clubs aux plus grandes dimensions économiques, mais tente désespérément de continuer à jouer les premiers rôles dans une cour qu’elle ne maîtrise plus du tout. Envoyés dans les cordes depuis de nombreux mois par les uppercuts sur mesure signés Josep Bartomeu and co, les Blaugrana ont légèrement émergé, en présentant des comptes au vert pour la première fois depuis presque dix ans. Tout cela grâce à la vente de 10% de ses droits TV à la société Sixth Street. Une opération qui a rapporté la coquette somme de 207 millions d’euros dans un accord portant sur les vingt-cinq prochaines saisons. Raphinha aura alors 50 ans. Et quelle place dans l’histoire du Barça ?

Par Matthieu Darbas


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