ATHLE.FR | Championnats du monde de Eugene : Des Bleus de gala

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Des Bleus de gala

Les six Bleus en lice ce samedi dans l’Oregon ont brillé, à l’image de Quentin Bigot, très bon quatrième d’une finale du marteau de haute volée, et d’Alice Finot, qui a dominé sa série du 3000 m steeple en améliorant le record de France de la spécialité.


Le finaliste

Bigot sans regret

« Il faut bien un quatrième, et aujourd’hui, c’est moi », a fini par lâcher Quentin Bigot, dans un demi-sourire, à l’issue de la finale du marteau. Bien sûr, le Messin ne cachait pas être « déçu » de se retrouver, comme en 2017 à Londres, au pied du podium, le Norvégien Eivind Henriksen l’ayant devancé de 63 centimètres. Mais il n’y avait pas à chercher trop loin les motifs de réconfort pour le lanceur tricolore : une grosse régularité, habituelle
chez lui, une performance de pointe à 80,24 m, la deuxième performance de sa carrière, et la satisfaction d’avoir pris du plaisir, et d’avoir « bien lancé ». « C’est le meilleur concours de ma carrière, c’est ça que je veux retenir. Peu de lanceurs de marteau peuvent dire qu’ils ont lancé à plus de 80 m en finale mondiale. » Pas moins de cinq l’ont fait ce samedi au Hayward Field, dont le Polonais Pawel Fajdek, qui s’est offert un cinquième titre mondial de rang avec 81,98 m. Seul Sergueï
Bubka a fait mieux dans l’histoire des Mondiaux, et même un peu mieux, avec six couronnes à la perche.

Et si son cinquième jet, mesuré à 79,85 m alors qu’il l’a « lâché un peu trop tôt », aurait pu faire dire à Quentin Bigot « peut-être que… », il préférait garder en tête qu’il a été un des acteurs principaux de l’épreuve, comme il en a pris la bonne habitude depuis cinq ans. « J’ai pris beaucoup de plaisir ! J’avais de super sensations, je savais que j’allais me battre. Quand on lance à son meilleur niveau, on se sent bien. Par exemple, je n’ai
jamais fait un aussi bon premier essai.
» Et de dresser le constat aussi lucide que porteur d’espoir qu’il est toujours en pleine progression. « Il y a cinq ans, j’avais lancé à seulement 77 m. Avec ma perf’ de 2019, lors de ma deuxième place à Doha, j’aurais été 8e cette année. Le niveau mondial monte, et j’accroche le panier. » A bientôt trente ans (il les aura en décembre), le Messin aura encore de nombreuses occasions de regoûter aux joies d’un podium international. Peut-être même dès le mois d’août…

Le temps fort

Finot fait coup double

Non contente de remporter avec autorité sa série du 3000 m steeple, Alice Finot y a ajouté un nouveau record de France de la spécialité, en 9’14’’34. La Montreuilloise installée en Galice a pris le parti de se caler en cinquième position pendant la majorité de sa course, laissant l’Ougandaise Peruth Jemutai assurer le tempo, tout en se sentant « en aisance à tous les points de passage ». Très impressionnante sur les rivières, elle a fait parler sa
puissance à l’ultime passage dans l’eau pour se propulser vers les trois places directement qualificatives pour la finale. Mais au lieu d’assurer le coup, Finot avait bien mieux en tête. « J’avais un chrono et un record de France à aller chercher. J’ai tout donné ! »

Ayant désormais « accompli tous [ses] objectifs », la vice-championne d’Europe du 3000 m en salle s’est fixé un nouveau cap : le top 8 mondial, mercredi 20 juillet. Hormis la Kazakh Norah Jeruto, impériale en 9’01’’54 lors de la première série, aucune concurrente ne s’est réellement détachée du lot ce samedi, ce qui pourrait nourrir les rêves les plus fous de la Française. « En battant des filles que je considérais comme plus fortes que moi, je gagne
en confiance. Je sais que je suis une athlète de championnats, j’ai la caisse, le finish, le dernier tour…
», soufflait-elle avant de s’éclipser pour récupérer de son premier effort.

Et aussi

Les hurdlers sans encombre

Les quatre hurdlers français ont passé l’obstacle des séries ce samedi à Eugene. Wilfried Happio a, en plus, pu le faire sans avoir à piocher dans ses réserves, puisqu’il a assuré la troisième place de son 400 m haies en 49’’60, après avoir longtemps été au contact du Brésilien Dos Santos. Just Kwaou-Mathey n’a guère été plus inquiété sur son 110 m haies, avalé en 13’’32 (3e de sa série), à cinq centièmes de son record, malgré un petit-déjeuner un
peu trop copieux qui lui a remué le ventre à l’échauffement. Sasha Zhoya a également rejoint les demi-finales en terminant troisième de sa course en 13’’48, malgré un échauffement écourté en raison d’un tendon d’Achille douloureux, et une frayeur sur le huitième obstacle, après avoir vu l’Américain Daniel Roberts finir dans le décor au même endroit. Enfin, Pascal Martinot-Lagarde a dû passer par une qualification au temps, prenant la cinquième place de sa série, la plus relevée, en 13’’49.
Si ses sensations matinales ne lui plaisaient guère, il n’a pas manqué de souligner qu’il était coutumier des premiers tours peu flamboyants. Pour ces quatre-là, les choses sérieuses débuteront vraiment dimanche.

Etienne Nappey pour athle.fr
Photos : S. Kempinaire – JM Hervio / KMSP / FFA


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