Tour de France 2022 : à Saint-Etienne, le soleil brille pour Mads Pedersen, l’homme de la pluie

Tour de France 2022 : à Saint-Etienne, le soleil brille pour Mads Pedersen, l’homme de la pluie

Mads Pedersen est comme tout le monde, il s’adapte tant bien que mal au réchauffement climatique. Le Danois de la Trek-Segafredo appartient à cette caste étrange des coureurs jamais aussi heureux qu’un matin de pluie, sans doute parce qu’ils savent que 90 % de leurs camarades n’ont qu’une envie : retourner sous la couette et se faire porter pâle.

A Saint-Etienne (Loire), le spécialiste des classiques – ces courses d’un jour souvent froides et humides du printemps – a levé les bras dans une 13e étape taillée pour les baroudeurs et avec un mercure constamment au-dessus des 30 degrés depuis le départ de Bourg-d’Oisans (Isère) et pendant 192,6 kilomètres.

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Etonnant ? On parle bien de Mads Pedersen, vainqueur d’une édition 2019 du championnat du monde dans le Yorkshire qui n’avait eu quasi rien à envier au déluge biblique ? Son coéquipier, le Letton farceur Toms Skujins, a d’ailleurs tenté « une danse de la pluie » pour amener de la fraîcheur et favoriser son copain.

Inutile. Oui, le soleil peut aussi briller pour Pedersen. A l’ombre derrière le car de l’équipe américaine à l’encadrement très italien, Luca Guercilena raconte au Monde comment son protégé a évolué pour ne pas être seulement ce cycliste de mauvais temps. « Mads a beaucoup travaillé pour s’adapter à la chaleur. Il savait qu’il souffrait beaucoup dans ces conditions et il a perdu du poids, explique le manager italien. Il savait qu’il devait être un peu plus léger, que ça ne serait pas un problème pour les classiques et que ça l’aiderait sur des journées comme aujourd’hui. »

« Affûté comme un chien de chasse »

Le poids. Dans un sport où un demi-kilo pris peut provoquer une réunion de crise avec convocation du coupable, Mads Pedersen a souvent promené ses poignées d’amour de l’hiver et ses bonnes joues d’enfants en début de saison. Mais quand le Danois évite de prendre du rab de viennoiseries au petit déjeuner, il balade avec une légèreté de ballerine ses 70 kg (pour 1,79 m) sur son vélo.

Sa nouvelle ligne n’a pas échappé à Vincent Lavenu, à la métaphore canine. « Pedersen est un peu rond pendant la saison, mais là il est affûté comme un chien de chasse », observe le manager d’AG2R-Citroën. Son homologue de Groupama-FDJ, Marc Madiot, connaît le potentiel du vainqueur du jour : « Il a un brin de classe ce mec, c’est un très beau coureur. »

Le Mayennais n’est pas rancunier. A 13 kilomètres de l’arrivée, le futur vainqueur a placé un démarrage fatal à son coureur, le Suisse Stefan Küng, ainsi qu’à l’Italien Filippo Ganna (Ineos-Grenadiers). Les deux rouleurs n’avaient pas ménagé leurs efforts (avec l’aide de l’Américain de la Movistar, Matteo Jorgenson) pour créer l’échappée du jour et imposer un long bras de fer aux équipes de sprinteurs. « On a beaucoup bataillé au début, et comme par hasard on est les trois lâchés à la fin », déplorait Stefan Küng après s’être arrosé d’une bouteille d’eau.

Mads Pedersen a alors emmené sur son porte-bagage le Britannique Fred Wright (Bahrain-Victorious) et Hugo Houle (Israel-Premier Tech). A six fuseaux horaires du Forez, le Québec s’est pris à espérer la première victoire d’un des siens sur le Tour, mais le Canadien n’avait pas la pointe de vitesse pour rivaliser avec ses deux adversaires.

Fred Wright non plus. « Il aurait fallu que je puisse accélérer encore pour battre Mads [Pedersen], mais je n’en étais pas capable, reconnaît son dauphin du jour. Quand il a attaqué dans l’échappée, il m’a surpris. Je pensais que cela viendrait plutôt de Jorgenson ou de Küng. Il était juste plus fort que moi. »

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Heureux Danois. Les sujets de la Reine Margrethe II cumulent déjà trois victoires d’étapes depuis le départ de Copenhague, avec auparavant les succès de Magnus-Cort Nielsen à Megève et de Jonas Vingegaard au sommet du Granon. « Pour le Danemark, trois victoires en quatre jours, c’est incroyable. Je suis content pour Mads [Pedersen], qui le mérite », a commenté le maillot jaune.

A la différence de son compatriote, le cycliste de la Jumbo-Visma apprécie la chaleur, mais même lui commence à redouter cette canicule qui risque d’accompagner le peloton pour quelques jours encore. « Il faut se refroidir constamment, faire descendre la température corporelle, s’hydrater… On espérait une journée cool, c’était une journée chaude et finalement difficile. » Mads Pedersen, lui, l’a trouvée plutôt agréable.

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