Tour de France 2022 : pour Tom Pidcock, l’ivresse d’une première victoire à l’Alpe d’Huez

Tour de France 2022 : pour Tom Pidcock, l’ivresse d’une première victoire à l’Alpe d’Huez

On a, un temps, cru à la belle histoire. Imaginez la victoire de Chris Froome, jeudi 14 juillet, au sommet de l’alpe d’Huez dans la 12e étape du Tour de France. Le scénario était presque trop parfait. L’ancien mal-aimé acclamé en vainqueur dans la montée, où il avait été conspué et arrosé de bière quatre ans plus tôt.

Mais, depuis sa chute en marge du Critérium du Dauphiné en 2019, le quadruple vainqueur du Tour n’est plus le même cycliste et le regard du public se fait plus tendre. Le champion implacable a laissé place à un coureur courageux qui s’accroche à 37 ans à la promesse de jours meilleurs, bien aidé en cela par le généreux contrat de sa formation, Israel Protech.

« Ma relation avec l’Alpe d’Huez n’a pas été des meilleures à travers les années. J’ai souvent souffert dans [s]es lacets. Alors j’aimerais bien essayer de changer cela, si possible », glissait le Britannique, avant le départ.

Mais, lors de cette dernière étape alpestre, s’il avait le cœur, Christopher Froome n’avait pas le moteur pour mettre un terme à ses 1 509 jours sans victoire. L’essentiel est peut-être ailleurs. Il a réussi à s’inviter sur le podium d’un grand Tour pour la première fois depuis 2018 (3e à 2 min 6 sec) et prouvé qu’il avait raison de repousser encore l’heure de la retraite.

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C’est son compatriote Tom Pidcock qui a connu l’ivresse de franchir le premier la ligne blanche au terme des vingt et un virages isérois, noirs de monde. Absent du premier groupe qui s’est détaché tôt dans l’étape, l’Anglais des INEOS Grenadiers a refait son retard après une leçon de descente dans le col du Galibier. Puis, le champion olympique en titre de VTT a lâché ses quatre derniers camarades d’échappée en montée, dans les premières rampes de l’Alpe.

Tom Pidcock présumait-il de ses talents d’escaladeur encore balbutiants ? « Je pensais que c’était l’idéal qu’il soit devant, je l’avais en point de mire. A deux, on aurait trop joué au poker et ça serait revenu de derrière. Mais je n’ai jamais réussi à revenir sur lui », regrette Louis Meintjes, 2e et battu pour 48 secondes.

Une fois au sommet, Tom Pidcock a fondu en larmes : « C’est l’une de mes plus belles expériences. C’est juste incroyable… Obtenir ma première victoire sur le Tour de France à l’Alpe d’Huez !  » A 22 ans, le jeune homme s’étalonne encore sur les grands tours après une première participation, moyenne, à la Vuelta en 2021.

Sur les routes françaises, il paraît plus à son avantage. « Il a été fantastique, a salué son coéquipier, le Gallois Geraint Thomas, qui s’était imposé au même endroit en 2018. Il est très bon depuis le début de ce Tour et c’est une belle récompense.  »

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« Ce Tour n’est pas fini. Il ne laissera jamais tomber »

Le Britannique Thomas Pidcock lors de la montée de l’alpe d'Huez, le 14 juillet.

Au lendemain de la prise de pouvoir de Jonas Vingegaard au col du Granon (Hautes-Alpes), cette deuxième étape en haute altitude ne fut pas « si difficile » qu’attendu, résume – entre deux toux – le Français Pierre Rolland. « L’échappée est partie facilement dans le Lautaret [la première ascension], derrière la Jumbo a fait le tempo, donc ça allait », développe le coureur de la B & B Hôtel – KTM.

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Sous une chaleur étouffante – 36 degrés enregistrés au pied de l’alpe d’Huez –, les candidats aux premières places du classement général ont attendu l’ascension finale (13,8 km à 8,1 %) pour lancer les grandes manœuvres. La Jumbo-Visma du maillot jaune danois a imposé son train, avec, pour effet, de déplumer le peloton. Tadej Pogacar a bien tenté, par deux fois, d’attaquer dans les derniers kilomètres, il ne réussira pas à décrocher Jonas Vingegaard de ses roues.

« Après la journée d’hier, je n’étais pas en confiance comme j’aurais aimé l’être, analyse le double tenant du titre. Je m’attendais à ce que [les coureurs de] Jumbo-Visma contrôlent la course de cette façon, car ils ont une très bonne équipe pour le faire. Lorsque j’ai essayé d’attaquer, Jonas n’a jamais contre-attaqué, ce que j’aurais bien aimé, cela m’aurait permis de répondre à mon tour. Mais il m’a simplement suivi, et je n’étais pas assez fort pour le lâcher.  »

Pas de quoi inquiéter Rafal Majka : « Tadej a essayé d’attaquer aujourd’hui. Il va encore essayer. Ce Tour n’est pas fini. Il ne laissera jamais tomber », promet le lieutenant polonais du Slovène en montagne.

Ce jeudi, les Français ont limité la casse. Décroché dans la montée finale, David Gaudu, 13e du jour, conserve sa 7e place au général. Victime d’un « coup de chaud dans l’Alpe d’Huez », Romain Bardet, lui, cède sa place sur le podium provisoire (4e), mais ne pointe jamais qu’à neuf secondes de Geraint Thomas (3e).

« J’ai dû traîner un peu pour arriver à bon port. C’était une question de gestion, j’ai préféré prendre mon rythme. C’est le Tour de France aussi : les journées où on est moins bien, il faut savoir faire le dos rond », fait valoir l’Auvergnat. « Tout le monde a souffert de la chaleur. Dans les prochains jours, il va vraiment falloir faire attention à bien s’hydrater, il risque d’y avoir des défaillances », abonde Valentin Madouas (Groupama-FDJ, 14e).

Le peloton quitte les Alpes vendredi, mais pas les fortes chaleurs, avec au programme de cette 13e étape : 193 kilomètres accidentés entre Bourg-d’Oisans (Isère) et Saint-Etienne (Loire).

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