Variole du singe : populations éligibles, délais d'attente, modalités d'injection... Cinq questions sur la vaccination

Variole du singe : populations éligibles, délais d’attente, modalités d’injection… Cinq questions sur la vaccination

La progression du virus inquiète. La France comptait 721 cas de variole du singe jeudi 7 juillet, selon le dernier bilan de Santé Publique France. Comme dans les autres pays occidentaux touchés par l’épidémie, la majorité des infections recensées concerne des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. La vaccination préventive a donc notamment été élargie à cette population, comme le réclamaient les associations LGBTQI+. Mais depuis cette annonce de la Haute Autorité de santé (HAS), vendredi, les tentatives de prise de rendez-vous sont nombreuses et souvent vaines. Où peut-on se faire vacciner ? Quel est l’état des stocks de vaccins ? Quel est le schéma vaccinal ? Quels vaccins sont utilisés ? Qui, précisément, peut y avoir accès ? Voici les réponses de franceinfo. 

Qui peut prétendre au vaccin ? 

Jusqu’à vendredi dernier, la vaccination était uniquement proposée aux adultes, y compris soignants, ayant eu un contact à risque avec un malade. Actuellement, environ 700 cas contacts ont été vaccinés. Mais “face à la diffusion du virus” et “aux difficultés de tracer les contacts des personnes infectées”, la HAS a recommandé d’administrer une vaccination préventive aux personnes les plus exposées par “leurs pratiques sexuelles ou leur profession”. Sont concernés : “les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les personnes trans rapportant des partenaires sexuels multiples, les personnes en situation de prostitution, les professionnels des lieux de consommation sexuelle”, liste la HAS.

>>L’article à lire pour comprendre la variole du singe

La HAS ne recommande pas, à ce stade, la vaccination préventive des professionnels de santé, jugeant suffisants le port d’équipement de protection et les mesures d’hygiène habituelles. Mais elle peut être envisagée au cas par cas, comme pour les enfants exposés au virus et susceptibles de développer une forme sévère de la maladie.

Quels vaccins sont utilisés ?

Deux vaccins, Imvanex et Jynneos, sont disponibles en France. Il s’agit de vaccins contre la variole de troisième génération, produits par l’entreprise danoise de biothechnologie Bavarian Nordicet. Ils disposent d’un protocole d’utilisation établi par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Dans un communiqué, la HAS affirme avoir pris en considération les données d’efficacité des vaccins disponibles pour décider d’élargir la vaccination. Elle dit s’être également appuyée sur l’avis de l’ANSM sur le bénéfice-risque favorable des vaccins de troisième génération en préexposition au virus. En revanche, elle juge préférable d’éviter l’utilisation du vaccin de troisième génération chez la femme enceinte ou allaitante, “sauf s’il est estimé que le bénéfice potentiel en termes de prévention de la variole est supérieur au risque potentiel”.

Quel est le schéma vaccinal recommandé ?

La vaccination s’effectue avec deux doses de 0,5 ml, administrées par voie sous-cutanée, et espacées de 28 jours. La HAS recommande d’administrer idéalement la première dose dans les quatre jours après le contact à risque et au maximum quatorze jours plus tard.

Pour les personnes déjà vaccinées contre la variole dans le passé, une seule dose suffit. S’agissant des personnes immunodéprimées, une troisième dose est conseillée.

Les deux vaccins disponibles sont interchangeables : la seconde dose peut ainsi se faire avec un vaccin différent de la première. Enfin, un espacement des doses de plusieurs semaines peur être envisagé en cas de tension d’approvisionnement des vaccins.

Quel est l’état des stocks ? 

“Nous sommes aujourd’hui en capacité de répondre dans les prochaines semaines aux besoins des centres” de vaccination, a assuré le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, sans préciser la quantité de vaccins disponibles, ces derniers faisant partie du “stock stratégique” de la France. Comme le rappelle Mediapart, l’utilisation du virus de la variole, éradiqué mais conservé dans des laboratoires militaires, notamment en Russie, est en effet un risque identifié de bioterrorisme. 

La France ne recevra pas de doses de la première commande réalisée par l’Union européenne, car elle a “un stock et est solidaire de pays qui n’en [ont] pas”, a précisé Jérôme Salomon. Mais selon lui, il est “tout à fait possible” qu’elle “s’associe” à “de prochaines commandes”.

Où et à partir de quand peut-on se faire vacciner ? 

La vaccination, gratuite, devait pouvoir commencer dès ce début de semaine, sur prise de rendez-vous, comme l’avait affirmé le ministre de la Santé, François Braun. Mais force est de constater qu’il est difficile de trouver un créneau sur Doctolib. Le centre de vaccination de l’hôpital Hôtel-Dieu à Paris, par exemple, n’en propose aucun“Dès la semaine prochaine, une dizaine de sites en Ile-de-France”, région la plus touchée, proposeront une vaccination au public élargi, avait promis l’Agence régionale de Santé. Les sites en question sont listés ici. Une ligne téléphonique, “Ecoute santé Monkeypox”, joignable au 0 801 90 80 69, ouvrira aussi à partir de mercredi, 7 jours sur 7, de 8 heures à 23 heures.

Sur les réseaux sociaux, nombreux sont les témoignages de personnes qui cherchent désespérément un rendez-vous. Sur Twitter, un internaute conseille d’appeler à plusieurs reprises les sites mentionnés par l’ARS Ile-de-France. 

La situation est similaire dans d’autres régions, comme à Lyon où aucun centre ne sera en mesure de réaliser des vaccinations avant le 18 juillet, signale Lyon CapitaleLa HAS propose que la vaccination préventive puisse être administrée dans les établissements de santé sexuelle comme les Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD), dès lors que les conditions de stockage et de conservation des vaccins le permettront. Assailli de demandes, le 190, un centre de santé sexuelle à Paris, fait savoir qu’il ne disposait pas de doses.

Dans Mediapart, une personne contaminée par la variole du singe s’étonne de “la lenteur absolue du système de santé. D’autres pays ont déjà commencé à vacciner la population à risque”. C’est le cas au Royaume-Uni, des Etats-Unis et du Canada.


#Variole #singe #populations #éligibles #délais #dattente #modalités #dinjection #Cinq #questions #sur #vaccination

Leave a Comment

Your email address will not be published.