Tour de France 2022 : Tadej Pogacar toujours en jaune, à l’issue d’une étape mouvementée

Tour de France 2022 : Tadej Pogacar toujours en jaune, à l’issue d’une étape mouvementée

Ce mardi 12 juillet était annoncé comme une reprise en douceur pour le peloton du Tour de France après une journée de repos : un parcours court – 148 kilomètres – montagneux mais pas trop, de Morzine à Megève (Haute-Savoie). Bref, une petite mise en jambes avant d’entrer dans le dur, mercredi et jeudi, avec des arrivées au col de Granon et à l’Alpe-d’Huez. Pourtant, cette 10e étape a été du genre mouvementée, pas vraiment pour des raisons sportives.

Lire aussi : Tour de France 2022 : Magnus Cort Nielsen vainqueur à Megève, Tadej Pogacar toujours en jaune

La journée a commencé par le retour d’une menace sanitaire que tout le monde pensait momentanément écartée après les résultats négatifs lundi des tests pratiqués par l’ensemble du peloton. Positif au Covid-19, l’Australien Luke Durbridge (BikeExchange) a dû quitter la course. Mais, surtout, le maillot jaune Tadej Pogacar a perdu un deuxième équipier, quatre jours après le Norvégien Vegard Stake Laengen : le Néo-Zélandais George Bennett.

Dans les rangs d’UAE Emirates, l’inquiétude monte d’autant plus que l’un des lieutenants du Slovène en montagne, Rafal Majka, est lui aussi positif au SARS-CoV-2. Pour l’heure, le Polonais a eu le feu vert pour continuer la course, mais « nous sommes conscients que [son] tableau clinique peut changer et nous suivons de près sa situation », a reconnu le médecin de la formation, Adrian Rotunno.

« On s’est arrêté, puis on a attendu »

Quelques heures plus tard, alors que le sport avait repris ses droits, la course a été neutralisée pendant douze minutes. La cause ? Un barrage formé par une demi-douzaine de personnes assises sur la chaussée à 38 kilomètres de l’arrivée. Derrière cette opération, le groupe écologiste Dernière rénovation, dont l’une des membres s’était attachée au filet du court Philippe-Chatrier lors de la demi-finale masculine de Roland-Garros entre Casper Ruud et Marin Cilic, au début de juin.

« C’était un peu surprenant. D’abord j’ai vu le premier fumigène et je me suis dit : “Ce n’est pas très intelligent sachant que c’est interdit.” Puis, quelques centaines de mètres plus loin, il y en avait beaucoup plus et on voyait à travers la fumée des véhicules arrêtés, relate le Belge Philippe Gilbert (Lotto-Soudal), douze Grande Boucle au compteur. Au début j’ai cru au pire, que quelqu’un s’était fait percuter par un véhicule. »

Antoine Duchesne lui non plus n’a pas bien compris ce qu’il se passait. « Ils nous ont dit à l’oreillette qu’il y avait des manifestants qui allaient arrêter l’étape. On n’a jamais vraiment trop su pourquoi. Donc on s’est arrêté, on s’est assuré de bien se ravitailler, puis on a attendu », explique le Canadien de la Groupama-FDJ.

Malgré cet arrêt intempestif, le Québécois soutient leurs revendications. « On voit avec les températures qui arrivent qu’on est dans une crise humanitaire. C’est important que des gens manifestent pour cela (…) Je pense qu’il faut qu’il y ait de plus en plus de choses comme ça pour s’assurer que tout le monde réalise. »

Le camarade de chambre de Thibaut Pinot reconnaît que la reprise de la course a un peu piqué les jambes. Il n’est pas le seul. « Tu cours pendant des heures, tu te prépares mentalement au final et tu dois t’arrêter. C’est dur, mais après on était tous dans la même situation », abonde l’Américain Quinn Simmons (Trek-Segafredo), membre du groupe de 24 à la poursuite de l’homme de tête, Alberto Bettiol (EF Education Easy Post). Dans le peloton à sept minutes, l’impayable Peter Sagan (Total Direct Energie) passait une tête dans la voiture de son directeur sportif pour regarder la course, déjà redémarrée à l’avant.

Pogacar sauve son maillot pour 11 secondes

Avec tout ça, on en oublierait presque que sur l’altiport de Megève, Magnus Cort Nielsen (EF Education Post) a devancé d’un bout de boyau l’Australien Nick Schultz (BikeExchange). Le sprinteur devenu baroudeur avec les années signe la deuxième victoire d’étape de sa carrière sur le Tour après celle à Carcassonne, en 2018, déjà par une chaleur écrasante. Le dérèglement climatique réussit plutôt bien au Danois.

« Magnus a mis tant d’énergie dans ce Tour. C’était une super journée pour nous. L’équipe avait besoin de celle-là », a salué son coéquipier Neilson Powless. Comme à son habitude, Cort Nielsen avait senti la bonne échappée, celle formée une soixantaine de kilomètres après le départ. Depuis Copenhague, le courageux a parcouru près de 620 bornes en tête de la course.

Tadej Pogacar, lui aussi, a livré un petit numéro pour garder son maillot jaune. Dans un peloton pointé à neuf minutes des échappées avant la montée finale, le Slovène a accéléré, piquant un sprint dans les derniers mètres. Vingtième de l’étape, à 8 min 54 de Magnus Cort Nielsen, il sauve sa précieuse tunique de onze petites secondes face à l’Allemand Lennard Kämna. Et Philippe Gilbert de résumer : « C’était un peu limite pour lui, mais c’était beau. »

Alors que la chaleur s’installe sur la France, la journée de mercredi s’annonce bien plus difficile pour le peloton avec pour épilogue le col du Granon (11,3 km à 9,2 %), trente-six ans après son unique arrivée. Ce jour-là, un certain Bernard Hinault avait passé la dernière journée de sa carrière en jaune. Malgré l’ombre du Covid sur son équipe, Tadej Pogacar a bien l’intention de s’y accrocher encore, et pourquoi pas d’assommer la course.

Notre sélection d’articles sur le Tour de France 2022

#Tour #France #Tadej #Pogacar #toujours #jaune #àlissue #dune #étape #mouvementée

Leave a Comment

Your email address will not be published.