Tour de France 2022 : Covid-19, polémique franco-française et collection de peluches

Tour de France 2022 : Covid-19, polémique franco-française et collection de peluches

L’étape du jour : Morzine les Portes du Soleil-Megève (148,1 kilomètres)

Il faut s’attendre à de l’action au sein du peloton au lendemain du deuxième jour de repos de ce Tour de France. Les coureurs vont bénéficier d’un tracé de 148,1 kilomètres à travers la Haute-Savoie, qui devrait offrir « trois heures quarante-cinq de vélo à un rythme soutenu ; on dépassera 40 kilomètres-heure de moyenne », pariait Victor Lafay (Cofidis), interrogé par Vélo Magazine dans son numéro d’avant-Tour. L’organisation a délibérément choisi de faire « un peu moins dur qu’en 2016, lorsqu’une étape avait pris le chemin inverse », estime l’ancien professionnel Yannick Talabardon (dans le peloton de 2002 à 2013), qui mise sur la victoire d’un puncheur.

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Quatre ascensions sont toutefois au programme, mais une seule attire l’œil. Un temps sur les bords du lac Léman, les coureurs emprunteront deux cols de 4e catégorie : la côte de Chevenoz (2,2 km à 2,9 %), et celle de Châtillon-sur-Cluses (4,5 km à 3,9 %), et grimperont, dans l’intervalle, le col de Jambaz (6,7 km à 3,8 %), classé 3e catégorie. La victoire d’étape se disputera plutôt au sommet de la montée de l’altiport de Megève (19,2 km à 4,1 %), juge de paix attendu de cette 10e étape.

Les pronos

LA RAISON

Et pourquoi pas le doublé pour Lennard Kämna ? Le grimpeur allemand de la Bora-Hansgrohe, vainqueur en solitaire de la 4e étape du Critérium du Dauphiné 2020, dont l’arrivée se disputait au sommet de la montée de l’altiport de Megève, retrouvera un terrain qu’il apprécie. Rattrapé par les favoris dans les 500 derniers mètres de la super planche des Belles-Filles lors de la 7e étape, vendredi 8 juillet, le coureur de 25 ans pourrait retenter un coup dans une échappée de longue durée. La forme semble au rendez-vous.

LE CŒUR

Peu en verve jusqu’ici sur ce Tour 2022, le collectif de la Cofidis se réjouirait d’un succès du local de l’étape, Victor Lafay. Vainqueur d’étape surprise sur le Tour d’Italie en 2021, le natif de Lyon retrouve ses « routes de jeunesse » comme il l’a confié à Vélo Magazine avant le départ. Spécialiste des efforts dans les pentes moyennes, il aura à cœur de redonner le sourire à son équipe après le forfait de Guillaume Martin, testé positif au Covid-19 avant le départ de la 9e étape.

La décla

« Je ne regrette pas d’avoir été réglo d’un point de vue éthique, mais il est clair que quand on est trop gentil, on se fait avoir. »

Troisième coureur contraint de quitter le Tour de France à cause du Covid-19, dimanche 10 juillet, Guillaume Martin digère mal de n’avoir pu poursuivre l’aventure. « C’est un grand flou artistique et c’est là où je l’ai mauvaise. J’en étais resté à l’idée que le protocole avait été aménagé de sorte qu’un coureur positif, mais asymptomatique, puisse continuer. Je pensais entrer dans cette case », a lâché lundi le leader de la Cofidis dans une interview à L’Equipe. Aucun des tests passés dimanche soir par l’ensemble du peloton n’est revenu positif.

Détour du Tour

Déjà bordé par le peloton sur son flanc suisse lors des 8e et 9e étapes, le lac Léman va cette fois-ci être aperçu côté français. Impossible de dire au revoir à ce joyau d’une longueur de 72,8 kilomètres, partagé entre les deux pays, sans en avoir parlé. Ce lac ancien s’est formé à la faveur de la fonte progressive du glacier du Rhône, il y a près de seize mille ans. Principalement alimenté par le Rhône, ce bassin d’une superficie de 582 km2 est toutefois touché par les conséquences du réchauffement climatique.

Le phénomène est peu connu, mais lourd de conséquences. L’absence de circulation de l’eau, de plus en plus prégnante ces dernières années, fait peser un danger d’asphyxie des espèces dans les plus grandes profondeurs du lac (entre 130 mètres et 309 mètres). La faute à des hivers de plus en plus doux ne permettant plus l’habituel brassage des eaux sous l’effet du froid et du vent. En plus de la disparation redoutée des poissons et des autres êtres vivants, « le phosphore, apporté par les activités humaines comme l’agriculture, est lui beaucoup trop présent », écrit RFI, ce qui pourrait causer une prolifération d’algues en cas de remontée à la surface. Pour préserver cette beauté naturelle, il y a donc le feu au lac.

Dans le rétro

Le 10 juillet 1985, le peloton du Tour s’élance de Morzine pour une interminable 10e étape de 269 kilomètres. Avec sept cols en chemin, le menu n’amuse pas les coureurs. Un pacte de non-agression est décidé pour la première moitié de l’étape. Mais Joël Pelier a des fourmis dans les jambes et fâche Bernard Hinault. Le maillot jaune va chercher en personne l’impudent. Il s’ensuit une discussion houleuse entre les deux hommes. Même pas impressionné, Joël Pelier promet de recommencer, avec ou sans la permission du « Blaireau ». Loin de cette polémique franco-française, les grimpeurs colombiens enflamment la montée finale vers Lans-en-Vercors. Fabio Parra y devance Lucho Herrera, vainqueur la veille. Joël Pelier, lui, tiendra sa promesse. En 1989, il remporte enfin son étape après une longue échappée avant de raccrocher son vélo l’année suivante pour devenir… sculpteur sur bois.

La voiture-balai

Si un doute subsistait encore sur l’identité des cyclistes qui ont marqué la première semaine du Tour de France, un passage sur le parking des bus des équipes – le fameux paddock – suffit à lever toute ambiguïté. Outre leurs fonctions plus terre à terre, les cars des différentes formations servent à afficher les prouesses de leurs coureurs.

Comment, vous demandez-vous ? En disposant derrière le pare-brise les cadeaux publicitaires distribués par les sponsors de l’épreuve aux maillots distinctifs lors des cérémonies protocolaires.

Les peluches données au maillot jaune, au maillot vert et au combatif du jour, ont toutes été gagnées par le Belge Wout van Aert.

A ce petit jeu-là, impossible de rivaliser avec le bus de la UAE Emirates de Tadej Pogacar. Pas plus d’ailleurs avec celui de la Jumbo-Visma, qui, grâce à Wout van Aert, arbore déjà le lion offert au maillot jaune, le lynx Felix donné au maillot vert et l’oiseau Zag du combatif du jour.

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