Comment éviter (ou soigner) un coup de soleil ?

Comment éviter (ou soigner) un coup de soleil ?

Grimace devant la glace, votre bout du nez a viré écarlate. Vous vérifiez du bas en haut si votre épiderme a cramé en totalité ou uniquement côté pile ou face… Vous aussi, vous connaissez bien ce sentiment du « dommage, trop tard » régulier en cette saison.

Car si le soleil est bon pour le moral, il est à consommer avec modération et précaution. Surtout pendant l’été, sous certaines latitudes et à certaines heures, si vous ne voulez pas enlever par lambeaux votre peau brûlée. Comment se prémunir du coup de soleil douloureux et dangereux ? 20 Minutes vous livre les bons réflexes à avoir et les gestes à proscrire.

Le coup de soleil pour les nuls

« Après une exposition trop longue au soleil, on constate l’apparition d’une rougeur, comme une brûlure, qui peut être du deuxième degré avec décollement cutané, des bulles », explique Marc Perrussel, dermatologue au centre hospitalo-universitaire de Rennes. Vous n’avez plus qu’à attendre que la douleur passe… et que votre peau se refasse et que la couche supérieure pèle.

Que s’est-il passé ? « Le coup de soleil est une réaction cutanée à une brûlure par les UV B du soleil, résume le dermatologue. Si les UV A sont responsables du vieillissement de la peau, les UV B, eux, provoquent des cancers de la peau. »

L’essentiel est dit : non seulement vous risquez de passer plusieurs jours à ne pas supporter le moindre vêtement sur votre épaule rougie et endolorie, ou à ne pas dormir sur le dos, mais à plus long terme, vous risquez surtout un mélanome  ( cancer de la peau). Sachant que les plus vulnérables – les peaux blanches qui bronzent peu, les enfants et ceux qui ont cramé tout leur capital soleil – doivent redoubler de vigilance. « En Australie, une étude a montré que les enfants qui avaient eu plus de trois coups de soleil avaient plus de risque de faire un mélanome adultes », reprend le dermatologue. D’où l’importance de protéger les plus jeunes : « jusqu’à 2 ans, il ne faut absolument pas les exposer. »

Le bon réflexe

Les bons conseils valent pour toutes les peaux. « Eviter le midi solaire, c’est-à-dire ne pas sortir entre midi et 16h, mettre des vêtements protecteurs et mettre de la crème régulièrement sur les zones qu’on ne peut pas protéger, liste le dermatologue. Mais ce n’est pas parce qu’on se met de la crème qu’on a le droit de s’exposer quatre heures. Ce n’est qu’une protection complémentaire ! » On préférera bien sûr étaler sur chaque millimètre de son corps (sans oublier les oreilles et en demandant de l’aide pour le dos pour éviter le bronzage “trace de doigts”) une crème avec un indice 50 et pas de perturbateurs endocriniens… « Et on se badigeonne toutes les deux heures. En France, c’est facile comme moyen mnémotechnique ; je dis souvent à mes patients :” c’est à chaque fois que vous mangez ” »

Illustration d’un beau coup de soleil… avec la marque des doigts. – Canva

Versant complémentaire pour éviter le coup de soleil, ne pas négliger certaines situations. « On pense souvent à la “toast attitude” sur la plage, mais moins à se protéger lors des repas en terrasse, au marché, en randonnée », reprend le vice-président du Syndicat national des dermatologues-vénéréologues (SNDV).

Et si c’est trop tard ? Le dermatologue conseille de « réparer comme une brûlure : on va mettre des corps gras, pour réhydrater et restaurer les cellules brûlées par le soleil. Vous n’êtes pas obligé d’investir dans une crème spécifique, votre crème de jour ou de nuit peut suffire. Si les dégâts sont vraiment importants, certains patients peuvent prendre des anti-inflammatoires, mais uniquement sous contrôle médical. »

La fausse bonne idée

Ce n’est pas parce qu’il ne fait pas 40 °C qu’il ne faut pas se protéger. « Il faut savoir que les UV traversent les nuages. En Bretagne, en promenade sous un ciel plombé, on peut aussi attraper un coup de soleil. »

Autre cliché à éviter : « Quand on est sous un parasol, on n’est pas à l’abri : la lumière est arrêtée, mais les UV tombent sur le sol et rebondissent », avertit le dermato. D’où une attention particulière à l’environnement dans lequel vous allez passer vos vacances. « Les UV vont se réfléchir à 35 % sur la neige, 30 % sur le sable, 15 % sur la mer et 5 % sur l’herbe », reprend notre expert.

Et il n’y a pas qu’en plein hiver, au ski, qu’il faut toujours avoir sa crème solaire sur soi. « Plus on monte en altitude, plus la force des UV augmente : à 2000 m, c’est comme si on se rapprochait de l’Equateur. D’autant que les UV B sont dangereux pendant cette période estivale, car ils sont perpendiculaires en France métropolitaine. » Enfin, la dernière « astuce » qui fait bondir notre expert, ce sont les cabines à UV qui «prépareraient votre peau au soleil». « On consomme et on abîme sa peau en s’exposant davantage avec des UV plus nocifs à terme ».

Ça leur est arrivé

Charlotte, 38 ans, a accepté de nous raconter son « gros traumatisme » de coup de soleil. C’était un week-end de juin, quand elle avait 10 ans. Epoque où elle vivait au Maroc, à Casablanca. « J’avais tellement brûlé à la plage que je n’ai pas pu mettre de petite culotte pour aller à l’école, l’élastique me faisait trop mal ! Je me revois très bien avec mon bas de pyjama, un short rouge de la marque Waikiki, sous ma jupe. Pourtant, j’ai la peau blanche, jamais ma mère n’oubliait de me mettre de la crème solaire. Mais ce jour-là, le temps était nuageux, les parents avaient plein de copains sur la plage, j’ai passé ma journée dans l’eau. Bref, le combo idéal pour cramer. »

D’où le rappel de notre dermatologue : la crème est indispensable, même quand le temps est couvert… « Cela fait quasiment trente ans, reprend Charlotte. Je me souviens encore très bien de cette journée et de la douleur le lendemain. Plus jamais je n’ai oublié de mettre de la crème… »

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