Girondins de Bordeaux. Ce qu’a reproché la commission d’appel de la FFF au club

Girondins de Bordeaux. Ce qu’a reproché la commission d’appel de la FFF au club

« Sud Ouest » a pu se procurer la décision notifiée de la Commission d’appel de la DNCG. En voici les grandes lignes.

1 Sur l’exercice 2021-2022

La Commission d’appel DNCG de la FFF reproche à Jogo Bonito, société de Gérard Lopez et propriétaire du groupe, de ne pas avoir tenu les engagements pris devant elle lors de la validation de la reprise du club le 12 juillet 2021. Elle indique que le repreneur s’était engagé à consolider un an plus tard les capitaux propres au moins à la même hauteur que lorsqu’il y a un an, c’est-à-dire à moins 29 millions d’euros.

Le résultat net de la saison 2021-2022 (négatif de 42 millions d’euros), avec un résultat sportif en deçà des prévisions (20e contre 8e) et 11 millions d’euros de plus-value sur vente de joueurs en moins qu’espéré, a encore dégradé les fonds propres.

La Commission calcule que les fonds propres descendent pour elle à moins 58 millions d’euros

Pour rentrer malgré tout dans leur engagement de 2021, les dirigeants misaient sur deux points : la prise en compte sur le résultat 2021-2022 de l’intéressement et l’indemnité de formation sur le transfert d’Aurélien Tchouaméni (7,8 millions d’euros net) et la remontée de la moitié de la dette due à Fortress et King Street (soit 26,5 millions d’euros) vers la société JB Dynamie, filiale de Jogo Bonito Group et « grand-mère » de la SASP Girondins.

La commission juge que l’intéressement sur le transfert de Tchouaméni entre dans le bilan 2022-23 et ne peut donc pas être pris en compte

La Commission d’appel a retoqué les deux aspects. Elle juge que l’intéressement sur le transfert de Tchouaméni, homologué en juin, entre dans le bilan 2022-2023 (l’argent sera versé le 15 juillet) et ne peut donc pas être pris en compte. Et elle met en doute l’aspect juridique des documents présentés pour le montage de la remontée de dette. Elle souligne aussi que celle-ci ne modifie pas la garantie sur la dette (liée au club). Sans ces deux éléments, la Commission calcule que les fonds propres descendent pour elle à moins 58 millions d’euros.

Pour répondre et rentrer dans les clous de son engagement lors de la conciliation au CNOSF, le club discute désormais avec King Street et Fortress pour l’abandon pur et simple d’une partie de la dette. L’autre possibilité est la prise en compte de la responsabilité d’une partie de celle-ci et des garanties à 100 % par Jogo Bonito ou un autre tiers.

La Commission d’appel justifie aussi sa décision par deux circonstances aggravantes à ses yeux : l’augmentation de capital de 10 millions d’euros promise par Jogo Bonito en juillet n’a été effective qu’en juin 2022, et des provisions pour les litiges prud’homaux et le plan social à venir qui lui semblent sous-évaluées.

2 Pour l’exercice 2022-2023

C’est l’autre aspect étudié par la DNCG : la viabilité du budget 2022-2023 et du plan de trésorerie.

Refusant de prendre en compte le report de paiements des dus à la Métropole, non votés lors de l’audition (il l’a été jeudi), elle s’appuie sur l’estimation de la DNCG en première instance : cette dernière a jugé les prévisions des dirigeants (avec notamment une deuxième place synonyme de montée) optimistes sur la billetterie et le sponsoring et chiffre les besoins de financement à 40 millions d’euros en plus du parachute lié à la descente (7 millions d’euros) et du versement en août par la LFP de 8,75 millions d’euros pour la prise de participation de CVC à la future société commerciale.

Concernant les ventes de joueurs espérées, la Commission juge que la ligne de crédit de 14 millions présentée en garantie n’est pas recevable

Pour faire face, les Girondins s’appuient sur la nouvelle augmentation de capital de 10 millions d’euros, votée le 30 juin sous condition résolutoire (c’est-à-dire qui sera annulée si le club n’est pas maintenu en L2), l’argent d’Aurélien Tchouaméni (acquis) et sur la promesse de 21 millions de plus-values sur les transferts d’ici fin septembre (hors Tchouaméni, mais incluant l’intéressement sur le transfert de Jules Koundé).

Pour le premier point, la Commission d’appel juge que l’augmentation de capital n’était pas effectuée le jour de l’audition, l’une des appréciations juridiques dénoncées par Gérard Lopez et son entourage comme erronée. Concernant les ventes de joueurs espérées, la Commission juge que la ligne de crédit de 14 millions présentée en garantie n’est pas recevable, du fait de l’endettement du club et du courrier envoyé aux clubs demandant une garantie de transfert de « première main » et venant d’un « établissement financier de premier rang ».

Pour répondre devant le CNOSF, Gérard Lopez a annoncé samedi avoir placé 14 millions d’euros en séquestre comme garantie sur la trésorerie.

Le plan 2022-2023 des Girondins évoque également une augmentation de capital de 30 millions d’euros en juin 2023 pour permettre de remettre à nouveau les fonds propres à flot. La Commission d’appel souligne ne pas avoir plus d’éléments concernant l’opération.

#Girondins #Bordeaux #qua #reproché #commission #dappel #FFF #club

Leave a Comment

Your email address will not be published.