Deschamps fête ses 10 ans avec les Bleus... Les 10 matches qui ont marqué sa décennie

Deschamps fête ses 10 ans avec les Bleus… Les 10 matches qui ont marqué sa décennie

Découvrez les 10 matches qui ont façonné l’équipe de France sous l’ère Didier Deschamps, qui fête une décennie de coaching à la tête des Bleus.

Ukraine, Allemagne, Croatie… Tant d’adversaires qui ont contribué à écrire l’histoire, en bien comme en mal, de l’équipe de France depuis dix ans. Le 8 juillet 2012, Didier Deschamps se voyait confier les clés du vestiaire bleu. Une décennie plus tard, le Bayonnais est passé par toutes les émotions. Il y a eu des désillusions, de l’euphorie. Des coups tactiques aussi. Et, plus globalement, une longévité rarissime dans ce métier. Du jamais-vu dans l’histoire des Bleus. Le Figaro a sélectionné pour vous les 10 matches les plus emblématiques de l’ère Deschamps.

1 – France-Uruguay, le premier soir (aout 2012)

Les premières fois sont souvent oubliables. Pas d’exception ici. Le 15 août 2012, Didier Deschamps inaugure son rôle de sélectionneur de l’équipe de France, lui qui en était le capitaine lors des sacres du Mondial 1998 et de l’Euro 2000. Au stade Océane du Havre, devant près de 25.000 spectateurs, les Bleus livrent une piètre performance contre l’Uruguay. Score nul et vierge, 0-0. Le duo en attaque, composé de Karim Benzema et… Olivier Giroud, épaulé par Mathieu Valbuena et Franck Ribéry, n’offre rien. Le match suivant, une victoire en éliminatoires du Mondial 2014 en Finlande (0-2), sera déjà plus mémorable.

Didier Deschamps pour sa première avec les Bleus contre l’Uruguay en août 2012. Panoramic

2 – France-Ukraine, le point de départ (novembre 2013)

Quand Deschamps en prend les rênes, l’équipe de France a perdu le lien avec son public, traumatisé par le fiasco de Knysna à la Coupe du monde 2010. Ce lien, elle va le recoudre à Saint-Denis, le 19 novembre 2013. Portée par un improbable doublé de Mamadou Sakho, elle renverse l’Ukraine en barrage retour du Mondial 2014 (3-0), après sa défaite quatre jours plus tôt à Kiev. Ce match «a marqué la mémoire des supporters français et ceux qui étaient présents ce jour-là, estimait le gardien et capitaine Hugo Lloris en 2019. Je crois toujours qu’il y a un point de départ dans une histoire. C’est le début de l’aventure au Mondial 2014, à l’Euro 2016 et la Coupe du monde en Russie.»

Les Bleus de Patrice Evra et Olivier Giroud (au centre) communient avec leurs supporters après s’être qualifiés pour le Mondial 2014. Fep / Panoramic

3 – France-Allemagne, l’apprentissage (juillet 2014)

Après l’euphorie face à l’Ukraine, les Bleus enchaînent sur leur lancée. Au Mondial brésilien, ils frappent fort dès le début de la phase de groupes (victoires contre le Honduras 3-0 et contre la Suisse 5-2). Ils écartent non sans mal le Nigeria en huitièmes (2-0). Puis se dresse le futur champion du monde, l’Allemagne. Trop tendres, les hommes de Deschamps sont domptés. Le gardien de la Mannschaft, Manuel Neuer, sort le grand jeu. L’aventure s’arrête en quarts de finale. Antoine Griezmann, 23 ans et 9 sélections à l’époque, ne retient pas ses larmes. La France apprend.

4 – France-Allemagne, la tragédie (novembre 2015)

Match amical au Stade de France. Les Bleus se paient l’Allemagne championne du monde, grâce à des buts d’Olivier Giroud et André-Pierre Gignac (2-0). Des faits de jeu dérisoires face à la réalité qu’endure le pays ce soir-là. Une série d’attentats a lieu dans Paris, y compris aux abords du stade, en plein match. On dénombrera plus de 400 blessés et près de 130 morts. De nombreux supporters patienteront sur la pelouse jusqu’à 1h du matin avant d’être évacués du stade. Quatre ans plus tard, Didier Deschamps confiait rester marqué par cette tragique soirée : «On ne peut pas oublier.»

5 – France-Irlande, la bascule (juin 2016)

La France fait une entrée poussive dans «son» Euro. Elle ne bat la Roumanie (2-1) et l’Albanie (2-0) qu’en toute fin de match en phase de groupes. En huitièmes, elle est menée toute la première période par l’Irlande. À la mi-temps, Deschamps revoit sa formule : il passe d’un 4-3-3 à un 4-2-3-1. Cela implique de déplacer Antoine Griezmann du côté droit de l’attaque à l’axe. «Je ne veux pas faire le lèche-botte, mais le coach a changé le match en mettant Antoine en deuxième attaquant», reconnaîtra André-Pierre Gignac. Les Bleus s’imposent 2-1 avec un doublé de «Grizou» et resteront fidèles à ce 4-2-3-1, jusqu’au sacre mondial en Russie.

6 – France-Portugal, la désillusion (juillet 2016)

Les planètes semblaient alignées. La France, à domicile, avait battu l’Allemagne championne du monde en demi-finale (2-0). Elle n’avait pas joué de prolongation quand le Portugal, autre finaliste, en avait connu deux. Le Portugal qui a toujours eu les Bleus pour bête noire (Euro 1984, Euro 2000, Mondial 2006). Pour enterrer les espoirs lusitaniens, Cristiano Ronaldo sort sur blessure après 25 minutes. Et pourtant… «La finale d’il y a deux ans n’est toujours pas digérée», grognait Didier Deschamps peu avant celle de la Coupe du monde 2018. Le poteau de Gignac en prolongation, les parades de Rui Patricio et, surtout, le but du héros improbable, Eder : la France est abasourdie. Pour certains (Koscielny, Sagna, Payet, Gignac…) et pour les dizaines de milliers de supporters au Stade de France, la douleur demeure. Pour d’autres, c’est une nouvelle étape fondatrice pour escalader l’Everest.

Didier Deschamps tête basse après la finale de l’Euro 2016, alors que Benoît Costil console Christophe Jallet. Federico Pestellini / Panoramic

7 – France-Croatie, l’apogée (juillet 2018)

«Aussi beau, aussi fort» qu’en 1998, savourera Didier Deschamps. Mais un peu plus dur. Cette finale de Coupe du monde sera la plus prolifique (et rocambolesque) depuis 1966. Après avoir ouvert le score à la 18e minute, la France encaisse l’égalisation à la 28e… et reprend l’avantage à la 38e (Griezmann sur penalty). Elle s’envole peu après l’heure de jeu grâce à Pogba puis Mbappé, juste avant une boulette de Lloris (69e) qui rend l’espoir à la Croatie. Mais ces Bleus ne craquent plus. Le score en reste là (4-2) et la pluie diluvienne, à Moscou, arrose l’euphorie des Français. «On est parti de loin, cela n’a pas été toujours simple, mais à force de travail, nous en sommes là. C’est le sacre suprême», s’émeut Deschamps, capitaine en 1998. De quoi le cimenter comme l’un des plus grands messieurs du sport français.

Antoine Griezmann, Paul Pogba et Kylian Mbappé, champions du monde. AI / Reuters / Panoramic

8 – Turquie-France, la tâche (juin 2019)

La France le savait : ce déplacement en Turquie était LE match périlleux des éliminatoires à l’Euro 2020. Mais ce match, une seule équipe l’a joué. «Fébrile», «apathique», «dépassée» : tels sont les adjectifs que Le Figaro a employés pour qualifier la défaite des Bleus à Konya (2-0). Sans tirer la sonnette d’alarme, Antoine Griezmann invitait à «travailler tactiquement, travailler les bases offensivement et défensivement et revenir plus fort». Et ainsi rejeter la gueule de bois du Mondial 2018. Pour ne rien arranger, la Marseillaise avait été copieusement sifflée avant la rencontre, sur fond de tension politique entre les deux pays. Le président de la République, Emmanuel Macron, avait jugé ces sifflets «inacceptables». La Fédération turque de football avait présenté ses excuses.

9 – France-Suisse, le gros couac (juin 2021)

Un effectif taillé pour le titre, renforcé par le retour de Karim Benzema. La France s’est mise en confiance par deux victoires 3-0 en amical, avant son Euro 2020 retardé d’un an. Elle s’est extirpée non sans mal du groupe de la mort (Allemagne, Portugal, Hongrie). Puis elle s’est délitée en huitièmes de finale, face à une Suisse qui n’avait pas la prétention de mettre les champions du monde au pas. Dans un inédit 3-5-2, la faute à ses deux latéraux gauches blessés, la France s’est retrouvée menée à la mi-temps (0-1). Elle s’est ressaisie pour mener 3-1 à 10 minutes de la fin. Avant de s’effondrer, physiquement et mentalement (3-3). Kylian Mbappé a raté l’ultime tir au but de la séance et jeté un froid sur les Bleus. Plus tard, l’avenir de Didier Deschamps sera remis en question. La fin d’une ère ?

10 – Espagne-France, le cœur du champion (octobre 2021)

On aurait pu choisir le match précédent, tant ils vont de pair. L’Euro s’est achevé il n’y a pas trois mois. La France est confrontée à la Belgique en demi-finales de Ligue des nations. À la mi-temps, les Bleus sont menés 2-0. Il n’y a pas débat. Les joueurs «sont abattus», reconnaîtra plus tard Didier Deschamps. Les 15 minutes de pause, lors desquelles Paul Pogba dit avoir «ressenti une énergie que je ne peux pas expliquer», vont tout changer. La France renverse la Belgique et s’impose 3-2. Trois jours plus tard, elle est aussi menée par l’Espagne en finale mais réagit vite. Et décroche un nouveau trophée. Un succès marqué de l’empreinte de Karim Benzema, buteur lors de chaque match et définitivement réadopté par la France.

Karim Benzema a inscrit un magnifique but en finale de Ligue des nations contre l’Espagne. AI / Reuters / Panoramic

#Deschamps #fête #ses #ans #avec #les #Bleus #Les #matches #qui #ont #marqué #décennie

Leave a Comment

Your email address will not be published.