Tour de France 2022 : pavés sacrés, esprit revanchard et « bulle » éclatée

Tour de France 2022 : pavés sacrés, esprit revanchard et « bulle » éclatée

L’étape du jour : Lille Métropole – Arenberg Porte du Hainaut (157 kilomètres)

Le Tour signe son retour sur les pavés, acteurs centraux du « monument » Paris-Roubaix. La Grande Boucle s’y était déjà risquée en 2014 et en 2018. Pour ce deuxième jour dans le nord de la France, les coureurs auront droit à « 19,4 km sur les pavés, répartis entre onze secteurs, dont trois inédits sur le Tour de France », rappelle dans le briefing de l’étape Cédric Coutouly, coureur professionnel de 2001 à 2010.

Les spécialistes de l’« enfer du Nord » (le surnom de Paris-Roubaix) seront au rendez-vous, accompagnés de nombreux favoris que leurs équipes voudront placer à l’avant du peloton pour limiter les risques dans les multiples zones accidentogènes des 75 derniers kilomètres.

Selon Adrien Petit, coureur d’Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux, interrogé par Vélo Magazine, « cette journée ne va pas chambouler le classement général, même si elle peut éliminer un ou deux prétendants à la victoire ». Demandez son avis à Christopher Froome, contraint à l’abandon après une chute en 2014.

Les pronos

LA RAISON

Le Danemark prolongerait-il ses honneurs de la première semaine ? Vainqueur de Paris-Roubaix juniors en 2013, Mads Pedersen a toutes les qualités requises pour s’imposer au terme de cette étape pavée d’embûches. Le champion du monde 2019 semble également disposer de la forme nécessaire pour faire partie des favoris. « Pour être honnête, mon plus grand objectif depuis que je suis sorti des juniors est de gagner Paris-Roubaix », confiait récemment le coureur de 26 ans. L’étape du jour lui offre une opportunité inespérée de briller sur un parcours très proche de celui de l’épreuve qui l’attire tant.

LE CŒUR

Natif de Cambrai (Nord), Florian Sénéchal attendait avec impatience le passage du Tour dans le nord de la France. Le champion de France, sacré le 26 juin à Cholet, ne revient cependant pas sur ses terres uniquement pour saluer le public. Pièce majeure de l’équipe Quick-Step Alpha Vinyl lors de la saison des classiques, le vainqueur de l’édition 2011 de Paris-Roubaix juniors devrait pouvoir jouer sa carte personnelle sur des routes qu’il fréquente depuis des années.

La décla

« Vous ne gagnerez pas le Tour ici, mais vous pouvez le perdre. »

Tadej Pogacar n’a pas mis bien longtemps à comprendre à quel défi il allait être confronté. Dès le 4 avril, au lendemain de sa 4place sur le Tour des Flandres, le double vainqueur sortant du Tour de France était venu reconnaître les secteurs pavés qu’empruntera le peloton mercredi. Suivi par le média belge Sporza, le Slovène avait alors reconnu que « sur cette étape, ça peut aller très mal ou ça peut aller bien. Ce sera de toute façon une étape mouvementée ». Un avant-goût, pourquoi pas, d’une future participation à Paris-Roubaix.

Détour du Tour

Comme l’illustre la chanson Les Corons, de Pierre Bachelet, devenue l’hymne des supporteurs du club de football de Lens, les Hauts-de-France possèdent un fort passé minier. La fosse d’Arenberg, ancien charbonnage du bassin minier situé dans la commune de Wallers (Nord) et exploité entre le début du XXe siècle et 1989, est classée au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2012. Les bâtiments et les trois chevalets des anciens puits, toujours en place, ont pu être sauvés de la destruction grâce au tournage du film Germinal, sorti en 1993. Depuis septembre 2015, le centre de création cinématographique Arenberg Creative Mine occupe les lieux. Au Tour de lancer son feuilleton à bicyclette.

Dans le rétro

Gilbert Duclos-Lassalle est un Béarnais tombé amoureux du Nord et ses pavés dès sa première participation à Paris-Roubaix, en 1978. Mais l’amour a longtemps été vache. En 1980, sur la « reine des classiques », le coureur Peugeot chute à 20 kilomètres de l’arrivée alors qu’il est le seul à s’accrocher pour suivre l’Italien Francesco Moser, futur vainqueur.

L’année suivante, Duclos-Lassalle retrouve le même décor sur le Tour de France lors d’une 12e étape empruntant plusieurs secteurs pavés. Au vélodrome de Roubaix, la victoire ne peut pas lui échapper dans un sprint à trois avec le Belge Daniel Willems et le Portugais Joaquim Agostinho, quand son pied sort du cale-pied dans les derniers mètres. Au Belge Willems la victoire et à « Duclos » les regrets. Mais une promesse aussi : « Sur cette piste, je veux revenir et je vous jure que ce sera en vainqueur », annonce-t-il juste après sa mésaventure. Têtu, il prend son temps, mais honore sa parole avec son fantastique doublé sur Paris-Roubaix en 1992 et 1993.

La voiture-balai

Quinn Simmons.

Pour sa troisième saison sous le signe du Covid-19, le Tour a pris le parti de vivre avec le virus. Pour le suiveur qui a connu les deux précédentes éditions, et la fameuse « bulle », le contraste est saisissant. Ledit suiveur retrouve des scènes qu’il craignait appartenir ad vitam æternam au passé : les grappes de journalistes devant les bus des équipes, les hordes de supporteurs massés le long des barrières dans la zone de départ, les coureurs qui s’arrêtent pour faire des selfies ou signer un autographe…

L’occasion aussi de mesurer que si depuis 1985 aucun Français n’a remporté le Tour, ils restent les maillots jaunes à l’applaudimètre – Thibaut Pinot en tête – et qu’une bonne partie des Nordistes avaient très envie de souhaiter un joyeux anniversaire au Belge Philippe Gilbert – 40 ans mardi ! Bien sûr, le peloton reste vigilant et le port du masque plutôt observé dans les zones mixtes où se côtoient coureurs et journalistes… Enfin, à quelques exceptions près, comme Quinn Simmons, grimpeur de la Trek-Segafredo. Mais quand on sait que le jeune Américain (21 ans) a des sympathies trumpistes, finalement, ça tient la route.

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