Girondins de Bordeaux. « Jamais je n’aurais pu imaginer que le club en arrive là », lance Jean-Louis Triaud

Girondins de Bordeaux. « Jamais je n’aurais pu imaginer que le club en arrive là », lance Jean-Louis Triaud

Quel est votre sentiment aujourd’hui ?

Je suis à la fois surpris et déçu. La première chose que je me dis est : comment a-t-on pu tomber aussi bas sportivement ? Il aurait dû être possible de gagner durant la saison le match, ou les deux matchs qui auraient permis de se maintenir en Ligue 1. Le recrutement n’a pas été du niveau qualitatif espéré mais il y avait des effectifs inférieurs au nôtre. Si j’en crois les médias, la gestion sportive du groupe a laissé à désirer. Mais je ne m’attendais pas à cette équipe dernière avec si peu de points. Après, il y a une situation financière qui est très compliquée avec des pertes, des dettes et une gestion financière irresponsable sur ces dernières années.

En tant qu’administrateur, quels éléments aviez-vous sur la situation financière actuelle ?

Gérard Lopez a été transparent. Nous connaissions les chiffres, nous savions que cette saison serait compliquée. Le budget a été réalisé avec un classement (8e, NDLR) loin de celui final. Mais il semblait assez sûr de lui sur les solutions proposées à la Commission d’appel de la DNCG. Le plan paraissait cohérent. Si nos informations étaient bonnes, les 14 millions d’euros manquant pour l’équilibre pouvaient être apportés par les créanciers (Fortress, NDLR). C’était une ligne de crédit, mais il est réaliste de se dire que l’on peut trouver 14 millions d’euros de transfert sur l’effectif, pas dans l’incertitude actuelle, mais à partir du moment où le club aurait été confirmé en L2. Après, est-ce que cela aurait suffi à assainir la situation pour la saison suivante ? Je n’en sais rien au vu de la spirale. Lorsque j’étais opérationnel, nous n’étions pas habitués à ce genre de difficultés. Il y a une dérive incroyable. La part de responsabilité de GACP est énorme. Monsieur Lopez a peut-être été optimiste en pensant pouvoir rétablir la situation.

Le déficit structurel qui s’est instauré sous M6 à partir de 2011 apparaît comme le début de la glissade. Y a-t-il une part de responsabilité ?

Déjà, si M6 avait été plus respecté, peut-être qu’ils seraient encore là aujourd’hui. Ils ont fait l’objet de critiques permanentes : quand le club était 5e ou 6e, c’était jugé insuffisant. Quand on gagnait une Coupe de la Ligue, on dénigrait la valeur de la compétition. Le déficit, à l’époque de M6, était de 6-7 millions d’euros. Le transfert d’un joueur aurait suffi. Plutôt que d’affaiblir l’équipe, l’actionnaire a souvent préféré apporter de l’argent pour combler.

M6 a-t-il été trop négligent en vendant à GACP ?

Est-ce qu’il y avait des éléments qui devaient les alerter ? Je ne sais pas, je n’étais plus en fonction. L’acquéreur s’est présenté. Il a honoré ses engagements financiers, rien ne justifiait une méfiance. L’expérience montre que GACP n’était pas crédible. Mais on peut aussi s’étonner que des grands fonds d’investissement comme King Street et Fortress leur ont fait confiance.

La saison dernière, après le désengagement du propriétaire King Street, l’option d’une reprise via un redressement judiciaire était sur la table. Avez-vous poussé en ce sens avec Jean-Didier Lange (ancien président de 1991 à 1999 et administrateur, décédé en novembre 2021) ?

La Fédération et la Ligue de football professionnel avaient dit que, du fait du Covid, un passage en redressement ne serait exceptionnellement pas sanctionné d’une rétrogradation. Quand on en discutait avec Jean-Didier, on se disait que c’était l’occasion de remettre les comptes à jour tout en restant en Ligue 1. Il a été dit que finalement cette mesure ne pourrait pas s’appliquer car une autre soulignait qu’il fallait maintenir une équité entre les clubs. Je trouvais curieux que la LFP infirme une décision qu’elle a prise elle-même. Et où est l’équité quand on parle du Paris SG, avec un État en actionnaire, et de Monaco, avec ses avantages fiscaux ? On se disait que ça valait le coup de mettre les instances devant leurs contradictions. Mais les repreneurs éventuels trouvaient que c’était trop risqué et pensaient pouvoir gérer la situation financière et équilibrer les comptes à terme.

Avez-vous eu Gérard Lopez au téléphone depuis la décision ?

Non.

Gardez-vous un espoir avec les recours restants (CNOSF, tribunal administratif) ?

Je ne connais pas les motivations de la décision de la DNCG. Je pense que le DNCG de la FFF est une structure sérieuse, n’est pas un lieu de règlement de comptes et que leurs justifications seront recevables. Je ne comprendrais pas qu’on fasse disparaître un club comme le nôtre, avec la mise au chômage de plusieurs dizaines de salariés, avec légèreté. Pourquoi refuser un projet qui permettait au moins de démarrer la saison ? Ce que nous a présenté Monsieur Lopez paraissait viable. Désormais, les délais sont très brefs.

Arrivez-vous à imaginer le club repartir de Nationale 3 ?

Non, je n’arrive pas à l’assimiler et m’y projeter… Jamais je n’aurais pu imaginer qu’on puisse en arriver là. Une nouvelle fois, avec le dossier qu’on nous a présenté, je suis surpris. C’est arrivé à d’autres, mais c’est compliqué et long, et probablement de plus en plus compliqué avec le resserrement à venir de la L1 et de la L2 à 18 clubs.

Si le club devait se reconstruire depuis la N3, seriez-vous prêt à vous investir ?

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