Face au Covid, les services de réanimation demeurent en première ligne.

Covid-19 : le système immunitaire serait responsable des symptômes du Covid long, selon une étude

Certains docteurs sont encore sceptiques face au Covid long. (©Photo d’illustration La Presse de la Manche)

« Cette étude nous donne de l’espoir : elle démontre scientifiquement que notre maladie est réelle, et elle fait avancer la recherche sur le Covid long. »

L’étude dont parle Matthieu Le Stage, atteint de Covid long depuis 21 mois et contacté par actu.fr, c’est celle de chercheurs américains, parue le 5 juillet dans la revue scientifique Brain.

Elle démontre que le système immunitaire pourrait être responsable des symptômes du Covid long. Et fait donc avancer la recherche sur cette forme particulière du Covid-19. 

Meilleure reconnaissance de la maladie

Depuis longtemps, les personnes atteintes de Covid long se battent pour davantage de reconnaissance de leur maladie, « qui n’est pas juste psychologique, comme certains médecins pouvaient le dire à des patients qui cherchaient à comprendre leurs symptômes, au début de la pandémie. »

Car le Covid long peut impacter lourdement la vie quotidienne : la faute à de graves symptômes divers, et parfois très variés d’un patient à l’autre. 

« Personnellement, la maladie a touché mon système nerveux, les symptômes sont donc neurologiques. J’ai des tremblements, des troubles neurologiques, des troubles d’élocution, de concentration, je n’arrive pas à conduire plus de cinq minutes par exemple… », énumère au bout du fil Matthieu Le Stage, également porte-parole de l’association Après J20, association Covid Long France.

Un lien entre le cerveau et le Covid long

Mais concrètement, que dit cette étude américaine ? Les chercheurs ont comparé neufs cerveaux de patients décédés d’un Covid aigu et neufs autres cerveaux de personnes non atteintes du Covid. Ils ont découvert des différences importantes entre les deux :

Vidéos : en ce moment sur Actu

« Sur les personnes décédées du Covid, pas de trace du virus découvert dans le cerveau, mais des anticorps produits en présence du virus qui se seraient fixés sur les parois vasculaires du cerveau et les auraient dégradées. Ce qui entraine une atteinte des neurones du fait d’une réaction inflammatoire« , résume Jérôme Larché, docteur en médecine interne à Montpellier et spécialiste du Covid long.

« Envisager des solutions thérapeutiques »

Si les recherches sont encore en cours, cette hypothèse de lien entre les anticorps et les symptômes de Covid long est « très plausible, cette notion n’est pas nouvelle : d’autres études avant ont aussi fait ce constat », déclare Jérôme Larché, également médecin référent du parcours de soin des Covids longs à l’ARS (Agence Régionale de Santé) Occitanie.

Cette découverte pourrait donner des billes pour comprendre les atteintes cérébrales, mais aussi pulmonaires de la maladie. 

Ce qui est important avec cette étude, c’est qu’elle permet d’envisager des solutions thérapeutiques en trouvant comment contrecarrer l’activation des anticorps qui se forment dans le cerveau, et qui sont responsables des atteintes neurologiques des patients.

Jérôme LarchéMédecin référent du parcours de soin Covid long en Occitanie

Car pour l’instant, aucune thérapie pour le Covid long n’existe. « Là, cela ouvre la porte à des essais cliniques, cette étude est déjà un début assez fort d’explication de la maladie et ouvre des perspectives. Cela permettra d’avancer sur des propositions thérapeutiques. » 

Preuve scientifique

Une bonne nouvelle pour les patients, donc, qui peuvent espérer voir des avancées dans le traitement de leur maladie. « Lorsque des études comme celles-ci sont publiées, elles prouvent scientifiquement que les symptômes du Covid long sont bien réels, et sont dus à des atteintes neurologiques », éclaire Jérôme Larché.

Cela atteste que cette maladie rend les gens incapables de mener une vie normale, et les handicape au quotidien. Cela met à mal, une fois de plus, la théorie psychosomatique du Covid long, celle qui confond cause et conséquence, et qui dit, pour synthétiser, que cette maladie est « dans la tête » des patients.  

Pour Matthieu Le Stage, atteint de Covid long depuis octobre 2020, le fait que de plus en plus d’études fleurissent sur cette maladie est un élément « qui rassure : il y a une évolution, jusqu’au tout début de la pandémie, on nous disait, en gros, que la maladie était dans notre tête. Là, on prouve aux médecins qui sont encore sceptiques, car il y en a, qu’il se passe réellement quelque chose dans notre corps. »

Même si le porte-parole de l’association Après J20 déplore que beaucoup de ces études soient étrangères et que la France soit « à la traîne » par rapport aux autres pays. 

203 symptômes

« En plus d’un spectre de symptômes très large, on peut avoir des symptômes qui se compilent et qui fluctuent, de nouveaux qui apparaissent d’un coup »,  raconte Matthieu Le Stage.

Ces troubles vont de la rougeur sur la peau à la perte d’audition, la diminution de l’acuité visuelle, la perte de connaissance, ou encore les problèmes digestifs… En tout, 203 symptômes ont été recensés. 

Matthieu Le StagePorte-parole de l’association Après J20 Covid Long France

Au quotidien, cette maladie affecte durement la vie de l’ancien sergent instructeur de l’armée. À 44 ans, il ne travaille plus : trop de fatigue au quotidien, et de trop lourds symptômes.

Alors qu’auparavant, il était très sportif, et en pleine forme physique, il doit parfois se déplacer en fauteuil roulant après avoir fait un effort trop intense. Celui qui pouvait enchaîner « des journées de dingue » avant sa maladie a vu « d’un claquement de doigt », sa vie se mettre en pause brutalement en attrapant le Covid-19.

« C’était violent et hyper douloureux, à tous les sens du terme. La pilule ne passe toujours pas », déplore Matthieu, qui commence à fatiguer au bout du fil, après 30 minutes de conversation. 

« On y arrivera »

Les impacts de telles avancées dans la recherche sont multiples.

« Cela pourrait amener à la reconnaissance du Covid long comme une maladie professionnelle et une maladie longue durée. Mais aussi au recensement des personnes atteintes, ainsi que la mise en place de centres pluridisciplinaires pour le traitement du Covid long, avec un meilleur accueil et une meilleure prise en charge des patients. Et enfin, cela permet d’informer sur notre maladie », détaille encore le porte-parole de l’association d’aide aux malades.

Avec ces initiatives, Matthieu Le Stage croit en des améliorations. « Il y a des coups de mou parfois, c’est sûr. Je sais que le combat sera long, mais on y arrivera. »

Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre Actu dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.


#Covid19 #système #immunitaire #serait #responsable #des #symptômes #Covid #long #selon #une #étude

Leave a Comment

Your email address will not be published.