"C'est un best of de ce qu'il ne faudrait plus faire" : les vacances de Karim Benzema critiquées pour leur impact climatique

“C’est un best of de ce qu’il ne faudrait plus faire” : les vacances de Karim Benzema critiquées pour leur impact climatique

“Tout ce qu’il faut pour niquer la planète en deux minutes de vidéos. Chapeau l’artiste !” résume un internauteEn postant une courte vidéo de ses vacances à Miami, samedi 2 juillet, Karim Benzema ne s’attendait sans doute pas à de telles réactions. Sur la chanson Jimmy Cooks du rappeur Drake, on voit notamment l’attaquant des Bleus conduire une voiture de sport, piloter un jet-ski ou prendre la pose devant un jet privé. Des moyens de transports très émetteurs de gaz à effet de serre, à l’origine du réchauffement climatique.

Parmi les réactions courroucées, celle de Thomas Wagner, fondateur du média Bon Pote. “Ce clip, c’est un best of de ce qu’il ne faudrait plus faire. Le simple aller-retour entre Miami et Madrid [où vit Karim Benzema] en jet privé, c’est beaucoup plus que ce qu’une personne devrait émettre par an pour limiter le réchauffement climatique”, calcule-t-il. Sur un vol commercial, un aller-retour Paris-Miami émet 1,3 tonne de CO2 par personne, alors que les experts s’accordent à dire qu’il ne faut pas brûler plus de 2 tonnes par personne et par an pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C, l’un des objectifs de l’accord de Paris.

La démarche pourrait paraître futile, elle a pourtant une assise scientifique. Coutumier de ce type d’interpellation sur les réseaux sociaux, Thomas Wagner rappelle que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) lui-même souligne dans son dernier rapport (PDF en anglais) le rôle des influenceurs – sportifs, stars des réseaux sociaux, musiciens, chanteurs… – dans la lutte contre le changement climatique. “Ils peuvent augmenter l’adoption de technologies, comportements et modes de vie bas carbone”, écrivent les scientifiques.

Co-fondatrice en décembre 2021 du compte Instagram Paye ton influence, Amélie Deloche reproche aux personnalités de “normaliser des comportements délétères dans un monde en urgence climatique”. “Elles envoient un message contradictoire à toute une génération qui subit et va subir les effets du réchauffement climatique”, analyse la jeune femme.

“Parce qu’il est très regardé, Karim Benzema a une responsabilité de faire passer le bon message.”

Amélie Deloche

à franceinfo

Tribune dans Vert pour appeler les influenceurs à se “réveiller”, interpellations sur les réseaux sociaux… Son compte, géré avec une amie, tente quotidiennement de faire changer les mentalités. “On poste des commentaires sous les partenariats avec des marques qui ont un impact écologique énorme, comme celles de la fast-fashion, ou sous les concours pour gagner des voyages en avion”, raconte Amélie Deloche. L’interpellation est toujours courtoise mais ferme, comme ce message envoyé à l’ancienne Miss France Sylvie Tellier après un aller-retour à New York pour 24 heures.

Capture d'écran d'un commentaire envoyé à Sylvie Tellier, ancienne Miss France et directrice du concours, par le compte Paye ton influence. (PAYE TON INFLUENCE)

Un travail de fourmi. Selon les estimations de Paye ton influence, 80% de leurs messages restent sans réponse. BonPote raconte s’être fait bloquer par l’ancienne Miss Univers Iris Mittenaere après un message sur ses voyages à Dubai. “On sait très bien qu’on ne va pas changer le monde de l’influence du jour au lendemain. Mais en off, cela prend de l’ampleur”, assure Amélie Deloche. Des marques et des influenceurs les ont contactées pour échanger sur le sujet et le message de Paye ton influence est de plus en plus repris par des internautes lambdas – “Il commence à y avoir une pression de leur propre audience”. Parfois, le post critiqué est même supprimé, comme ce fut le cas pour la vidéo intitulée “Je livre un McDo en jet privé” du youtubeur FastGoodCuisine, interpellé par Bon Pote.

Il est parfois reproché à Bon Pote ou Paye ton influence d’empêcher les gens de rêver. “Les écologistes n’ont pas que ça à faire de vous emmerder. Si on se bat, c’est pour préserver un monde vivable, répond Thomas Wagner. Est-ce que ça fait rêver un monde avec sécheresses, inondations, méga-feux, disparition de la biodiversité, les glaciers qui fondent, des chaleurs insoutenables où il n’est plus possible de vivre ?” Karim Benzema ferait d’ailleurs bien de s’en préoccuper : Miami, son lieu de villégiature, est l’une des villes les plus menacées par la montée des eaux provoquée par le réchauffement climatique.


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