Tour de France 2022 : Dylan Groenewegen à la fête, des Danois fous de vélo

Tour de France 2022 : Dylan Groenewegen à la fête, des Danois fous de vélo

Topographie de son territoire oblige, le Danois a une certaine conception de la montagne. Alors, ce dimanche 3 juillet, pour la troisième étape du Tour de France, le public a sorti les craies – comme le veut l’usage des supporteurs dans les cols alpins ou pyrénéens – dans les trois difficultés répertoriées pour le classement du meilleur grimpeur. En quatrième catégorie, il ne faut pas exagérer non plus.

Quand on sait que la côte de Hejlsminde Strand est, en réalité, une montée de 800 mètres, on n’est pas vraiment surpris de trouver l’asphalte bariolé sur la quasi-intégralité des 182 kilomètres parcourus entre Vejle et Sonderborg, via Haderslev autoproclamée « ville des saucisses ». Ni d’ailleurs d’apprendre que les deux seuls coureurs locaux à avoir porté le maillot à pois du meilleur grimpeur ces dix dernières années sont Michael Morkov et Magnus Cort Nielsen… plutôt des sprinteurs.

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Ce dimanche, comme à son habitude, le premier s’est concentré sur son rôle de poisson-pilote de Fabio Jakobsen, favori désigné après sa victoire de samedi. Mais le sprint est une horlogerie délicate. Même pour la Quick-Step. « On avait tout bien fait jusqu’à ce dernier virage, explique Florian Sénéchal, chargé d’amener le Néerlandais entre la flamme rouge et les 500 derniers mètres. Mais quand je me retourne, Fabio n’était plus là. C’est comme ça. Parfois, tu dois donner un coup de frein et tu perds dix places. C’est le Tour et tout le monde veut nous battre. »

Ironie de l’histoire, le vainqueur du jour est un autre Néerlandais. Et pas n’importe lequel. Le nom de Dylan Groenewegen est associé depuis août 2020 à la terrible chute du même Jakobsen sur le Tour de Pologne, pour laquelle il a été suspendu neuf mois. Le coureur de la BikeExchange Jayco devance d’une roue Wout van Aert, maillot jaune et collectionneur compulsif de deuxièmes places sur ce Tour. « J’aime gagner des courses et, quand je suis si près de la victoire comme ce fut le cas les trois derniers jours, c’est un peu frustrant », soupire le Belge de Jumbo-Visma.

« Je me suis vraiment éclaté »

Un constat à l’opposé de celui de Magnus Cort Nielsen qui a peut-être terminé 156e, à 3 min 25 s du vainqueur, mais qui a aussi levé les bras sur la ligne, tout sourire sous sa célèbre bacchante blonde. Le coureur d’EF Education Easy-Post résume sa journée au micro de France 2 : « Je me suis vraiment éclaté. C’était juste l’euphorie. Incroyable. »

Décidé à honorer son maillot de meilleur grimpeur, le Danois s’est dit qu’avant de voir la caravane du Tour plier bagage en direction de Dunkerque (Nord), autant aller chercher les trois petits points en jeu du classement de la montagne. A peine le départ donné, il est parti. Tout seul. Et a roulé longtemps. Pas loin de 140 km. Avec une bonne partie de la population du royaume présente pour l’applaudir à son passage, tel un prince héritier.

Depuis le début de ce Tour, Magnus Cort Nielsen a fui le peloton : il en est déjà à près de sept heures d’échappée. « C’est vraiment quelque chose de spécial d’ouvrir la route sur le Tour de France, racontait Cyril Barthe (B & B Hotels-KTM), lui-même échappé – et vite distancé – par le moustachu, samedi. Quand on voit tout ce monde… Etre acclamé par ce public, ça donne la chair de poule ! »

Un succès populaire digne de Londres en 2007

Les organisateurs avaient promis que cette escapade danoise serait celle des bordures et de la ferveur. Si on n’a pas eu les premières, la seconde a sauté aux yeux et aux tympans du suiveur. Dès 9 h 30, certains Danois avaient installé leur campement sur le bord de la route, à Kolding, où le peloton n’était pourtant attendu que cinq heures plus tard. En ce dimanche relativement ensoleillé – la pluie n’a commencé qu’une dizaine de minutes avant l’arrivée –, ils étaient des milliers sur le passage du Tour.

De quoi rappeler des souvenirs au « doyen » de cette édition, le Belge Philippe Gilbert (Lotto-Soudal), douze Tours de France au compteur : « Ça m’a fait penser à 2007 et au départ à Londres. Ici, c’était très impressionnant. Presque comme s’il y avait la moitié du pays sur le bord de la route. »

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Les 182 kilomètres du tracé ont pris des airs de festival géant entre les barnums montés au milieu des villages, les mille et une tables de pique-nique plus ou moins bien dressées – certaines avec nappe en tissu et verres à pied –, ou encore les remorques agricoles et autres conteneurs transformés en tribune. La devanture de l’hôtel Osterso situé en bord de mer dans la commune d’Aabenraa a été intégralement peinte en jaune, tandis que, çà et là, ont poussé des maisons à pois rouges, clin d’œil au maillot du meilleur grimpeur. « On a bossé dur, hein », rigolait cette Danoise.

Dans la dernière heure de course, le peloton a décidé de passer la seconde. Dommage, il a manqué le concert de musique classique donné au milieu des champs à une vingtaine de kilomètres de l’arrivée. Les violons et les contrebasses sont désormais rangés, comme les vélos des coureurs prêts à prendre l’un des quatre avions affrétés par la direction du Tour.

Direction l’aéroport de Lille-Lesquin pour un vol de 900 kilomètres. Après une journée de transition, l’étape Dunkerque-Calais (171 km) marquera les débuts hexagonaux de ce Tour 2022. Et même si « le Danemark, c’est un beau pays », Florian Sénéchal, lui, a hâte d’égrainer son « beau maillot de champion de France ». Encore plus dans son Nord natal.

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