Tour de France 2022 : pour sa troisième saison avec le Covid-19, la Grande Boucle choisit de vivre avec le virus

Tour de France 2022 : pour sa troisième saison avec le Covid-19, la Grande Boucle choisit de vivre avec le virus

Et si un coureur positif au Covid-19 pouvait tout de même gagner le Tour de France ? La question paraît saugrenue. Reste qu’à l’approche du grand départ de cette édition 2022, vendredi 1er juillet à Copenhague, l’éventualité est bien réelle. L’Union cycliste internationale (UCI) a en effet annoncé l’abandon du principe d’exclusion automatique d’un cycliste qui aurait été diagnostiqué positif.

A la place, la potentielle décision d’isolement sera prise « de manière collégiale par le médecin de l’équipe concernée, le médecin Covid-19 de l’épreuve et le directeur médical de l’UCI, sur la base des éléments cliniques disponibles », détaille l’instance, dans la mise à jour de son protocole de gestion de l’épidémie, dévoilé mardi 28 juin. Les formations comptant au moins deux athlètes positifs dans leurs rangs dans un délai de sept jours ne seront, quant à elles, plus contraintes de faire leurs bagages comme c’était le cas précédemment.

Ces dernières semaines, les contaminations connaissent une forte hausse en France, comme dans toute l’Europe, à la faveur d’un triptyque redoutable : la contagiosité des derniers sous-variants d’Omicron, BA.4 et BA.5, un relâchement des gestes barrières et l’affaiblissement de la protection conférée par trois doses de vaccin.

Sans surprise, la tendance n’a pas épargné le peloton. « La situation n’est pas terrible », résumait le coureur slovène Tadej Pogacar (UAE Team Emirates), qui a remporté le Tour de Slovénie. Le lauréat des deux dernières éditions du Tour de France et grand favori pour la passe de trois, avait fini la course, privé de ses équipiers danois et norvégien Mikkel Bjerg et Vegard Stake Laengen, contraints de déclarer forfaits à cause du Covid-19.

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Signe de l’inquiétude grandissante, la formation française Groupama-FDJ avait, pour sa part, décidé de ne pas aligner Thibaut Pinot et David Gaudu – ses deux leaders annoncés sur le Tour – sur la course en ligne des championnats de France, le 25 juin, à Cholet (Maine-et-Loire), officiellement « pour ne prendre aucun risque en raison de la situation sanitaire ».

« Une mesure de bon sens »

Mardi 28 juin, quelques heures avant les annonces de l’UCI, l’un des coureurs emblématiques de la Quick-Step Alpha Vinyl, le Belge Tim Declercq, avait dû renoncer à s’envoler pour le Danemark après avoir été contrôlé positif. Au même moment, le Français Romain Bardet (DSM) s’inquiétait, sur Twitter, du « premier stress test » de cette 109e édition ; à savoir embarquer dans un avion bondé, pour le Danemark, avec « 90 % des passagers » sans masque.

Christian Prudhomme, le patron du Tour de France, peut souffler : le scénario catastrophe du dernier Tour de Suisse paraît écarté. Mardi 21 juin, seuls 76 des 152 coureurs engagés sur l’épreuve avaient vu l’arrivée à Vaduz, la capitale du Liechtenstein. L’intégralité des effectifs de la Jumbo-Visma, d’Alpecin-Fenix, d’UAE Team Emirates et de la Bahrain-Victorious avait été contrainte de jeter l’éponge en cours de route, tandis que le Russe Aleksandr Vlasov (Bora-Hansgrohe) lâchait, pour cette même raison, son maillot de leader au classement général avant le départ de la 6e étape. « Ne pas forcément exclure les positifs au Covid ? S’ils sont asymptomatiques, c’est une mesure de bon sens », s’est réjoui le directeur de la Grande Boucle, dans le quotidien régional Ouest-France.

Malgré ces assouplissements, l’épreuve conservera les règles sanitaires habituelles, dont l’obligation du port du masque à proximité des coureurs et le respect de la distanciation physique. L’ensemble des membres d’une équipe – coureurs et personnels – doit fournir un test antigénique négatif deux jours avant le départ de la course. D’autres tests sont obligatoires lors des deux journées de repos de l’épreuve, les 11 et 18 juillet.

Aucun coureur positif en 2020 et 2021

« La situation que nous connaissons actuellement sur le front de la pandémie est moins préoccupante que celle que nous constations au plus fort de la crise sanitaire, mais nous devons rester vigilants », a justifié David Lappartient, le président de l’UCI, dans un communiqué.

Jusqu’alors, le peloton de la Grande Boucle a été épargné, malgré les deux dernières éditions dans un contexte épidémique plus tendu. Le Covid-19 n’avait alors eu raison que de quelques membres de l’encadrement, dont le directeur de la course, Christian Prudhomme, confiné pendant une semaine en 2020.

Le patron du Tour en a encore des sueurs froides. Une édition décalée de début juillet à fin août, le casse-tête de la mise en place d’une « bulle » sanitaire la plus étanche possible… Pour la première fois, la pandémie de Covid-19 avait fait dévier la Grande Boucle de sa route et de ses habitudes de début d’été.

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En 2021, la course avait pu renouer avec son traditionnel calendrier estival, mais elle avait conservé quelques stigmates de la crise. Pour sa troisième saison avec la pandémie, la caravane du Tour a donc fait le choix de vivre avec le virus. Mais en restant prudent. Pour preuve : seules quatre des vingt-deux équipes engagées ont décidé de maintenir en présentiel leurs traditionnelles conférences de presse de présentation, avant le grand départ.


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